Kinshasa — La journée du 20 novembre de chaque année est consacrée aux droits de l'enfant. Une occasion offerte aux parents et gouvernements du monde de faire le point sur l'application effective des droits fondamentaux de cet adulte en miniature, appelé à vivre dans la société.
La journée internationale des droits de l'enfant est célébrée, le 20 novembre de chaque année. Loin d'être un simple anniversaire, cette date doit plutôt constituer une occasion pour les parents et les pouvoirs publics de faire un état des lieux des droits de l'enfant dans leurs pays respectifs.
En ce qui concerne la République démocratique du Congo, la journée du 20 novembre doit interpeller le gouvernement et tous acteurs impliqués dans la protection de l'enfant. C'est pour ainsi dire que chaque camp a le devoir de « surmonter les obstacles de la mise en oeuvre effective de la loi portant protection de l'enfant ». Cela, pour permettre à tous les enfants congolais de bénéficier de leurs droits. Ce qui épargnera le pays des conséquences néfastes enregistrées ça et là. A titre illustratif, on peut évoquer le cas du phénomène « Kuluna » en vogue à Kinshasa et le recrutement de mineurs par les groupes armés dans la partie orientale du pays. Cette situation a été démontrée par le Réseau des éducateurs des enfants et jeunes de la rue. C'était au cours du point de presse de la Monuc animé, le mercredi 19 novembre 2009 à Kinshasa.
Pour son véritable épanouissement, l'enfant a besoin d'un encadrement non seulement de ses parents, mais aussi de l'Etat. Dans toutes les nations du monde, la famille est et demeure le lieu privilégié dans lequel l'enfant doit évoluer. L'alinéa 2 de l'article 40 de la Constitution en vigueur en République démocratique du Congo en dit long lorsqu'il stipule : « La famille, cellule de base de la communauté humaine, est organisée de manière à assurer son unité, sa stabilité et sa protection. Elle est placée sous la protection des pouvoirs publics ».
OBLIGATIONS
Dans le même ordre d'idées, l'article 41 de la Loi fondamentale de notre pays plaide en faveur de la protection de l'enfant. Selon le législateur, « l'abandon et la maltraitance des enfants, notamment la pédophilie, les abus sexuels ainsi que l'accusation de sorcellerie sont prohibés et punis par la loi ».
Quant aux parents, la même disposition ajoute : « Les parents ont le devoir de prendre soin de leurs enfants et d'assurer leur protection contre tout acte de violence tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du foyer ».
Au regard de ce qui se passe sur le terrain, l'on se pose la question de savoir si cet article est d'application en RDC ? D'emblée, on répond par la négative. Car la plupart des enfants qui sont actuellement dans la rue sont chassés de leurs maisons pour des raisons de sorcellerie. Et pourtant, cela ne se justifie pas sur toute la ligne. Illustration : certains enfants communément appelés « shegués » sont abandonnés par leurs géniteurs, à cause de la précarité de la vie.
Que faire pour éviter ce phénomène qui prend de l'ampleur dans les sociétés africaines ? A notre humble avis, l'amélioration des conditions de vie des Congolais demeure la première thérapeutique. Car, si bien des parents n'arrivent pas à assumer leurs responsabilités, c'est parce qu'ils n'ont pas assez de moyens. Conséquence : ils n'arrivent pas à résoudre les différents problèmes qui se posent autour d'eux. C'est pourquoi, le gouvernement doit tout mettre en oeuvre pour améliorer les conditions de vie des Congolais. Pour y arriver, il doit créer des emplois et octroyer un salaire régulier et décent à ceux qui travaillent
De toute façon, les défis à relever sont multiples. Sur le plan pratique, il y a par exemple, l'installation effective des tribunaux pour enfants sur l'ensemble du territoire national ; la formation des assistants sociaux et leur affectation dans les tribunaux pour enfants. Au plan réglementaire, le Réseau des éducateurs des enfants et jeunes de la rue propose, entre autres, la promulgation d'une loi sur la réforme de la Police nationale congolaise instituant une police spéciale de protection de l'enfant.

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