A 30 ans et 9 années de pratique, le jockey Patrick Rakotoarivelo est en train de mettre tout le monde d'accord. Tant il a du talent. Un talent sans doute hérité de son père, Anselme Rakotoarivony qui a également connu des heures de gloire dans le petit monde de l'hippisme à Madagascar.
Cravache d'or pendant quatre années consécutives, on ne connaît pas encore les limites de ce jockey hors pair qui est passé à côté d'une belle carrière professionnelle faute d'avoir bénéficier d'un visa pour la France qu'on lui a refusé par deux fois.
Rien à envier ! En 2006, il avait pourtant tapé dans l'oeil de l'entraîneur bien connu, Marcel Roland, qui a accepté de le prendre en stage dans son écurie, mais le consulat de France lui a fermé la porte. Il revient à la charge l'année d'après mais sans résultat. Des années sombres pour Patrick Rakotoarivelo qui faute de grives, dut se contenter de merles. Du merle mauricien pour être précis puisque à défaut de pouvoir aller à Longchamp, il se résigna à aller à Port Louis en 2008 pour voir à l'oeuvre les meilleurs jockeys français notamment Christophe Soumillon, Dominique Boeuf, Maxime Guyon et Johane Victoire.
Il garde de ce déplacement un très bon souvenir mais aussi quelques regrets. « Ils sont bons mais avec les moyens et l'encadrement dont ils bénéficient, les jockeys malgaches ne sont pas loin », confie-t-il avec une pointe d'amertume. Et on le comprend car en valeur pure, Patrick Rakotoarivelo qui bénéficie d'un poids idéal tournant autour de 52 kg, n'a rien à envier aux jockeys français Et pourtant, il n'a pas fait d'école.
Homme modeste. « C'est mon père qui m'a tout appris », révèle celui qui écume les hippodromes malgaches dès son jeune âge. « J'ai ensuite acquis de l'expérience au contact des férus de courses de chevaux comme l'actuel président de l'AHCEL, Michelson Rakotoarisoa, que je tiens à remercier vivement parce que si nous sommes là et que les courses continuent de nourrir toute ma famille, c'est grâce à cet homme qui sait se montrer généreux ».
L'hippisme, il en fait toute sa vie et commence même à s'orienter vers le métier d'entraîneur. « Les techniques évoluent très vite dans ce domaine et je ne désespère pas de pouvoir partir suivre un stage à l'extérieur » avoue-t-il avant d'enchaîner « c'est ma vie et je ne peux pas faire autre chose même si je pense que mes enfants ne vont pas m'emboîter le pas ».
Il préfère donner le libre choix à ses deux garçons qu'il chérit par-dessus tout. Sa famille passe d'ailleurs en priorité dans ce qu'il qualifie de vie simple où il observe une hygiène de vie exemplaire. Patrick Rakotoarivelo est un homme modeste qui ne boit pas d'alcool et ne fume pas. Un homme comblé en fait. Du moins jusqu'à ce qu'il puisse réaliser son rêve d'aller à Longchamp et ...monter.

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