Lorsqu'un pays n'arrive pas à consommer ce qu'il produit, il y a certainement un problème. Alors que le petit producteur béninois a du mal à écouler sa production, les cuisines, les cantines et les restaurants du pays sont remplis de produits importés. La question de la consommation « made in Bénin » interpelle chacun, mais pour l'instant, c'est une organisation non gouvernementale, Veco West Africa, qui relance le débat à travers une table ronde.
Les produits vivriers importés, généralement subventionnés dans leurs pays d'origine, concurrencent fortement les produits locaux de moins en moins consommés par les Béninois. C'est une réalité tangible même en l'absence de conclusion d'enquêtes spécifiques. Le Béninois n'aime pas consommer local. Alors, dans ce contexte quel avenir pour l'agriculture du pays et quel devenir pour les petits producteurs ? Certains observateurs avertis lient à cette situation « l'accroissement de la pauvreté», le problème de l'exode rural auquel sont confrontées les grandes villes du pays et des risques de menace à la sécurité alimentaire du pays.
La table ronde qui a réuni hier au Codiam de Cotonou, les principaux acteurs de la consommation des produits locaux a eu de toute façon le mérite de favoriser une réflexion autour du sujet, tout en recherchant des pistes de solution afin de mieux organiser la promotion de la consommation des produits vivriers locaux par les Béninois. Par ailleurs, le désintérêt des Béninois pour les produits vivriers locaux a aussi une raison que les participants n'ont pas occulté.
Le motif de ce désintérêt a pour nom : la finition. « Lorsque vous décidez de prendre du riz local et que vous devez mâcher des grains de sable à chaque cuillerée ! », déplore une participante. Il se pose en réalité un véritable problème de conditionnement de certains produits vivriers locaux du Bénin comme le riz, mais plutôt que d'abandonner sa consommation au détriment de ceux importés, il serait bénéfique de corriger cette imperfection. C'est là qu'intervient « la volonté politique », soulignée par la quasi-totalité des participants à la table ronde, surtout par le Président de l'Association professionnelle des pâtissiers du Bénin (APPSP-Bénin), M. Servais Padonou.
En outre, la récente décision du gouvernement de mettre en vente, à 7500 FCfa le sac de 30Kg, les onze mille tonnes environ de riz obtenu par don de l'Australie et des Etats-unis n'est pas tout a fait appréciée de certains producteurs de riz présents à la table ronde. Ces derniers lisent à travers cette décision un acte de « concurrence » au riz made in Bénin qui peine toujours à rentrer dans l'habitude alimentaire des Béninois.
Changer les habitudes alimentaires des Béninois
En initiant cette table ronde, Veco West Africa voudrait non seulement stimuler les pratiques d'achat et les habitudes de consommation des produits vivriers locaux, mais aussi et surtout, assurer un marché d'écoulement pour les produits issus de l'agriculture durable, spécifiquement les dérivés du riz (riz blanc, riz étuvé, bière du riz, amuse-gueule) et du manioc (gari, tapioca, lafou, farine panifiable, etc.). Mais pour y parvenir, il est important de s'assurer que les produits mis sur le marché par les producteurs répondent aux besoins et attentes des consommateurs tant en matière de qualité, de prix que de la disponibilité et d'accessibilité.
Comments Post a comment