Même si elle est reconnue coupable de la violation des lois sur les inhumations, la constance dans ses déclarations aura payé. La dame Salimata Diop peut dorénavant humer l'air de la liberté.
Selon les termes de l'arrêt de renvoi, le 1er septembre 2006 la brigade de gendarmerie de Waoundé est informée qu'une dame, qui était enceinte, ne portait plus sa grossesse alors que personne n'était au courant de son accouchement. C'est ainsi, selon la même missive, que les gendarmes se transportent au domicile conjugal de Salimata Diop, qui reconnaît avoir accouché le 24 août 2006 d'un enfant mort-né dont elle ignore le sexe et qu'elle a inhumé au bord du fleuve.
L'exhumation du corps le 2 septembre a permis la découverte d'un des restes d'un os ressemblant à celui d'un crâne. Et le certificat de genre de mort fait état d'un fragment de la croûte crânienne d'un nouveau-né qui ne permettait pas d'avoir des éléments d'orientation pour déterminer les causes de la mort. Accusée, ainsi, d'infanticide, la dame Salimata Diop, soupçonnée d'avoir commis un homicide volontaire sur son enfant mort-né et de l'avoir inhumé sans autorisation, hume désormais l'air de la liberté. Elle a été finalement acquittée pour le délit d'infanticide et condamnée à deux mois d'emprisonnement ferme pour la violation des lois sur les inhumations.
Placée sous mandat de dépôt depuis le 4 septembre 2006, Salimata Diop originaire de Waoundé localité du département de Kanel dans la région de Matam, a soutenu, à la barre, que c'est d'un foetus de trois mois qu'elle a accouché. La constance dans ses déclarations, en dépit de la volée de questions des hommes en noir, a sans doute fait la différence. Ayant marqué des points importants dans 'la bataille' pour sa libération, elle a ensuite intelligemment reconnu avoir, quand même, 'fauté' pour avoir enterré son 'bébé', en foulant au pied les règles élémentaires des lois sur les inhumations.
La trentaine bien sonnée, mariée depuis l'âge de treize ans à un émigré vivant en hexagone, Salimata Diop est mère de cinq enfants. Sous ce rapport, cette grossesse contractée des suites de relations sexuelles adultérines entretenues avec un certain Adama Lam, qui a nié les faits à la barre, ne pouvait que déboucher sur des problèmes dans cette partie du Fouta. Une contrée où les autochtones sont particulièrement conservateurs et regardants sur les concepts de vertu, de probité morale, d'honnêteté, entre autres.
L'avocat général requerra six mois d'emprisonnement ferme pour la violation des lois sur les inhumations. La défense a plaidé, quant à elle, l'acquittement de Salimata Diop. Pour le délit d'infanticide, Mes Saliou Mbaye et Mamadou Ciré Ba ont fait la jonction sur le défaut de preuve pouvant valider une condamnation. L'acquittement devenait, dès lors, une constante dans la salle du Palais de justice de Saint-Louis, sis au quartier Nord de l'île.

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