Des comédiens de la troupe dramatique de Sorano ont quitté hier Tunis frustrés par le non-paiement de cachets adéquats après leurs prestations aux Journées théâtrales de Carthage.
Des comédiens de la troupe dramatique de Sorano ont quitté Tunis, hier, avec une grosse déception. Le motif : ils n'ont pas reçu de cachets conséquents après leur participation aux Journées théâtrales de Carthage (Jtc). Sous l'anonymat, des pensionnaires de Sorano ont exprimé leur frustration après un séjour de neuf jours dans la capitale tunisienne. 'Nous n'avons pas été payés, nous avons effectué le déplacement à Tunis pour rien, s'offusque un comédien sénégalais. Nous n'avons reçu que cent dinars tunisiens (environ 34 820 francs Cfa)'. Cette somme a été remise par les organisateurs des Journées théâtrales de Carthage. Les artistes sénégalais ne savent s'ils doivent se plaindre auprès de leurs autorités et au niveau des organisateurs des Jtc.
Le comédien Alpha Oumar Wane se démarque de la grogne. Il a empoché les cent dinars tunisiens et n'a pas cherché à comprendre le reste. 'Si les autres croient savoir qu'on doit recevoir plus que cette somme, moi je ne suis au courant de rien ', a indiqué Wane, flegmatique. Avant de quitter Dakar, le 10 novembre dernier, les 15 membres de la troupe de Sorano ont perçu chacun 150 mille francs Cfa environ. Alpha Oumar Wane, qui participe aux Jtc depuis quatre ans, explique que chaque année les choses se passent de la même façon et que 'l'essentiel, c'est de participer au festival'. Joséphine Zambou, directrice de la troupe dramatique de Sorano, comprend, elle, la frustration des comédiens sénégalais puisque le traitement des artistes ayant pris part au Jtc est inégalitaire. Par exemple, en plus des cent dinars, les comédiens burkinabés devront percevoir une autre enveloppe.
Le directeur des Journées théâtrales de Carthage, Mohamed Driss, fait savoir que les deux pays n'ont pas le même traitement. 'Pour le Sénégal, un perdiem a été donné parce que c'est une troupe nationale. C'est la règle de la réciprocité pour les invitations entre le Sénégal et la Tunisie. Nous les hébergeons et leur fournissons la logistique et, à la limite, nous donnons un perdiem; c'est ce qui a été fait', explique Mohamed Driss. Le patron des Jtc a indiqué que pour les compagnies privées, les cachets des prestations ont été payés avec le soutien à la coopération internationale.

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