La Rencontre africaine pour la défense des droits de l'homme (Raddho) a exprimé hier sa 'vive indignation et sa profonde préoccupation' de la récurrence de décès d'individus dans des locaux de la police ou de brigade de gendarmerie et de la 'politique de pourrissement', adoptée dans ces différents cas.
En effet, ce mercredi 18 novembre 2009, le nommé Abou Dia est décédé dans des circonstances non encore élucidées dans les locaux du Commissariat de police de Matam après avoir été appréhendé, la veille, 'sain et sauf' et conduit au commissariat par trois policiers.
Cette situation inquiète beaucoup la Raddho qui rappelle que Mamadou Bèye, Dominique Lopy, Alioune Badara Diop, Aïda Camara, Mamadou Bakhoum et aujourd'hui Abou Dia sont tous morts, alors qu'ils sont en garde à vue, dans un lieu de la privation de la liberté. Devant la récurrence de ces actes, la Raddho condamne fermement la politique de pourrissement, de la part des autorités politiques et judiciaires, face à la fréquence de 'décès' 'intolérables et inacceptables' de personnes gardées à vue dans des lieux de privation de la liberté.
Alioune Tine et ses camarades expriment leurs craintes qu'aucune suite judiciaire ne soit réservée à ces morts suspectes face à la lenteur des procédures d'enquêtes judiciaires. C'est pourquoi, la Raddho exige que la lumière soit faite sur le 'décès' de Abou Dia et sur ceux mentionnés ci-dessus. Non sans demander à l'Etat du Sénégal de se conformer à ses obligations en matière de torture contenues dans la Constitution et dans la Convention contre la torture et de bannir la torture et les traitements inhumains et dégradants.
La Raddho réitère 'vivement' par la même occasion sa demande pour l'effectivité d'un mécanisme de contrôle dans les lieux de privation de liberté et la présence d'un avocat et d'un médecin du début à la fin de la procédure judiciaire, seule façon de garantir le droit à la vie et l'intégrité physique des individus détenus.

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