Dakar — La directrice de recherche de l'Institut de recherche pour le développement (IRD), Sylvie Bredeloup, a soutenu, vendredi à Dakar, qu'il n' y a pas de corrélation mécanique entre l'augmentation du nombre de migrants et la mondialisation de l'économie.
"La mondialisation de l'économie n'a pas conduit mécaniquement à une augmentation massive des migrations, le pourcentage des migrants internationaux dans la population mondiale est le même qu'il y a cent ans, en dépit des pics enregistrés dans les années 1980 et 1990", a-t-elle précisé, citant une étude intitulée : "De quelques idées reçues sur la migration à démonter".
Sylvie Bredeloup participait au symposium organisé par l'Institut de population, développement et santé de la reproduction (IPDSR), sur le thème : "Migration et mondialisation : enjeux et défis futurs".
Selon Mme Bredeloup, les idées reçues liées à ces questions débouchent sur "l'adoption de mesures politiques et policières visant à réguler des flux imaginés massifs, invasifs et plus largement contribuent insidieusement à la fermeture du monde, au moment même ou des nouvelles solidarités pourraient être pensées".
Contrairement à une autre idée reçue, le continent européen, a-t-elle assuré, "n'est pas la destination principale des Africains, la migration africaine demeure majoritairement intraafricaine".
Pour Sylvie Bredeloup, "les migrants africains qui rejoignent l'autre rive du Sahara sont plus nombreux à s'installer dans les pays du Maghreb qu'à poursuivre leur route vers l'Europe".
"L'Afrique est par ailleurs devenue championne en matière d'expulsions, ce qui est en totale contradiction avec les accords de la CEDEAO ou de la CEN-SAD visant une plus grande fluidité des déplacements intraafricains et revendiquant une protection des migrants", a-t-elle noté.
"La migration ne rime pas avec pauvreté, près de la moitié des migrants issus des pays les plus pauvres se dirigent vers un autre pays pauvre, selon la Banque mondiale et contrairement aux discours habituellement tenus, ce ne sont pas les plus démunis en capital économique ou social qui partent en migration", a encore soutenu la directrice de recherche de l'IRD.
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