« La faim, c'est l'absence de pluie. » ("A fome é a falta de chuva.")Voilà ce que dit un petit agriculteur de Chicualacuala, une petite ville du sud-ouest du Mozambique, quand on l'interroge sur les causes de l'insécurité alimentaire dans son pays.
Avec ses 45 000 habitants, Chicualacuala est synonyme d'isolement et de dureté de la vie. Des conditions semi-arides et de mauvaises voies de communication et de transport empêchent le district de se développer depuis des dizaines d'années.
À Chicualacuala, la sagesse populaire coïncide avec l'opinion des scientifiques et des responsables politiques : au Mozambique, les changements climatiques vont multiplier les menaces qui pèsent déjà sur la vie humaine et la sécurité alimentaire.
Les communautés de Chicualacuala dépendent largement de l'agriculture de subsistance et de l'élevage de bétail, lesquels sont tous deux sensibles aux changements qui affectent le climat et les écosystèmes.
Les fermiers font déjà face à un certain nombre de problèmes : précipitations irrégulières, sécheresses plus fréquentes, désertification et vents forts accélérant l'érosion des sols et l'évaporation.
Les températures en hausse favorisent l'apparition de nouveaux parasites qui s'attaquent aux cultures et au bétail. L'eau destinée à l'irrigation ou à la consommation humaine ou animale devient de plus en plus rare.
Tous ces impacts qu'ont les changements climatiques peuvent déboucher à leur tour sur un rendement agricole moindre, de mauvaises récoltes, la perte du bétail, une incidence plus élevée des maladies et une insécurité alimentaire encore accrue.
Pour contrer ce phénomène, six agences de l'ONU utilisant l'approche « Unis dans l'action » (PNUD, FAO, ONU-HABITAT, PNUE, ONUDI, PAM) et six institutions gouvernementales ont collaboré au sein d'un programme commun sur les changements climatiques financé par le Fonds pour la réalisation des OMD PNUD-Espagne.
Les institutions gouvernementales en question comprennent le ministère de l'Agriculture, le ministère pour la Coordination de l'action environnementale, l'Institut national pour la réduction des risques de catastrophe, l'Institut météorologique national, le gouvernement provincial de Gaza et les autorités du district de Chicualacuala.
Le programme collabore avec ces institutions pour répondre aux manifestations climatiques, améliorer la sécurité alimentaire grâce à une production accrue et un meilleur accès aux aliments, ainsi qu'à une diversification des sources de revenus.
Il appuie aussi des initiatives communautaires pour obtenir des moyens de subsistance plus durables et plus résilients aux changements climatiques.
Au cours de ses 14 mois d'existence, le programme a réussi à intégrer des mesures d'adaptation aux changements climatiques aux plans de développement du district.
Sur le terrain, l'expansion des zones d'irrigation grâce à une meilleure gestion de l'eau et à des travaux d'irrigation à petite échelle a permis de diversifier tant la production que les apports alimentaires. D'autres mesures importantes ont été prises, comme encourager la sélection de cultures et de bétail résistant à la sécheresse et appuyer la lutte contre les parasites. De nouvelles sources de revenus sont proposées, comme des plans de gestion communautaire des forêts, et des réseaux sociaux tels l'association des agriculteurs ont été renforcés.
Au cours des années à venir, il est prévu d'améliorer les systèmes de communication et d'alerte précoce dans le district et d'introduire des énergies renouvelables et des techniques de récolte de l'eau. La sensibilisation des communautés et des décideurs au potentiel d'adaptation aux changements climatiques et à ce qu'il en coûtera si rien n'est fait pour atténuer les risques ou si on adopte des stratégies d'adaptation non durables constitueront la clé du succès pour ce programme.
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