Les 14 et 15 novembre 2009, les partis politiques de la gauche africaine ont tenu leur première rencontre à Ouagadougou sous le thème: «La construction de l'unité africaine». Organisée par le Parti africain pour l'indépendance (PAI) et le parti pour la démocratie et le socialisme (PDS), la rencontre a rassemblé pendant deux jours des responsables de partis de l'opposition. A l'issue de la rencontre, Youssouf Sambo Bâ, président du PDS tire, dans cet entretien qu'il a accordé à Fasozine.com, les conclusions des travaux.
Qu'entendez-vous par la gauche en politique?
C'est l'ensemble des forces politiques qui, sans être nécessairement anticapitalistes, accordent à la situation et au rôle des masses laborieuses des villes et des campagnes la plus grande importance.
La gauche africaine a tenu les 14 et 15 novembre 2009 sa première rencontre. Quels ont été les grands axes des travaux?
La rencontre avait pour thème: «La construction de l'unité africaine». Les principales activités ont tourné autour de conférences données par des universitaires de haut niveau, à partir de cinq sous thèmes, à savoir: de l'OUA à l'UA: les hésitations du cheminement vers l'unité du continent; les organisations régionales africaines: étapes nécessaires ou freins à l'unité africaine; le panafricanisme: histoire, mythe et projets politiques; l'Afrique face à l'impérialisme et à la mondialisation et les conditions politiques et économiques déterminantes pour le succès de l'unité africaine. Ces conférences ont été suivies de débats forts enrichissants animés notamment par des anciens de la Fédération des étudiants de l'Afrique noire en France (FEANF) et des universitaires venus de plusieurs pays. Par la suite, les partis initiateurs de la rencontre et les partis invités ont eu des séances de travail.
A quelles conclusions sont parvenus les participants aux travaux?
Cette rencontre a permis aux représentants des partis étrangers et burkinabè de discuter des thèmes relatifs à la construction de l'unité africaine, de se convaincre des conditions nécessaires à cette construction dans l'intérêt des peuples africains et d'échanger sur la responsabilité des forces de gauche dans cette construction. Quelques propositions et recommandations ont été formulées dans ce sens par les conférenciers et les participants.
Quelles sont actuellement les difficultés que rencontre la gauche africaine?
Les difficultés de la gauche africaine sont de plusieurs ordres. Tout d'abord, il y a son éparpillement et la difficulté qu'elle a à se rassembler. Aussi, les forces de gauche des différents pays ne se connaissent pas et donc ne se soutiennent pas. Ensuite, celles qui sont au pouvoir sont l'objet de pressions intérieures et extérieures, les conduisant à mettre en Å"uvre des politiques qui ne sont pas nécessairement de gauche. Enfin, les forces de gauches qui ne sont pas au pouvoir connaissent des obstacles de tous genres, comme la faiblesse de leurs ressources et les difficultés pour eux d'être visibles et audibles.
Les pays africains connaissent constamment des turbulences politiques depuis les indépendances. Quel rôle peut jouer la gauche pour changer la donne?
Cela dépend de la cause de la turbulence. Ce que peut faire la gauche en toute occasion, c'est de proposer aux masses une alternance crédible qui permette de transcender certains types de conflits, comme ceux liés notamment à l'exploitation de l'ethnicisme, du régionalisme et du micro-nationalisme.
Quels sont les principaux atouts de la gauche africaine?
Il existe actuellement dans le monde, des politiques guidées par une vision plus universelle, plus démocratique et plus en faveur des masses laborieuses qui sont mises en oeuvre. Il y a aussi le dévouement, l'abnégation et la détermination de ses militants pour mener à bien toutes les luttes que la gauche entreprend. Ce sont incontestablement des atouts pour la gauche.
Les militants de la gauche, pensent-ils toujours que l'unité africaine pourrait un jour devenir une réalité?
Nous sommes toujours convaincus que l'unité africaine est possible. Mais nous ne sommes pas excessivement optimistes parce que l'Afrique compte 53 Etats et nous avons plusieurs chefs d'Etat qui ont diverses conceptions. Et quand un problème se pose dans un pays africain, ces chefs d'Etat ne sont pas toujours unanimes sur la question, même s'ils font l'effort de sauver les apparences. L'unité ne se fera peut-être pas avec notre génération, mais elle se fera quand même parce que comme le disait Kwamé N'Krumah, «l'Afrique doit forcément s'unir».
Comments Post a comment