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Le chef de la junte militaire guinéenne, le Capitaine Moussa Dadis Camara, continue de recruter des milices pour défendre son régime. Ces nouvelles recrues sont en train de subir une formation militaire avec l'aide des mercenaires israéliens et sud-africains dans un ancien camp de réfugiés sierra léonais, situé non loin de la ville de Forécariah, à environ 100 Km au sud-ouest de Conakry.
Le chef de la junte militaire, Capitaine Moussa Dadis Camara, ne semble guère faire confiance en son armée. En effet, malgré le semblant d'unité qu'affichent les militaires guinéens, depuis la prise du pouvoir le 23 décembre dernier, l'homme fort de Conakry continue de recruter des milices pour protéger son régime.
Ces jeunes recrues qui sont issues, pour l'essentiel, des Guerzés, son groupe ethnique, subiraient en ce moment une formation militaire à Kaliah par des mercenaires sud-africains et israéliens. Cette localité, qui est située à une dizaine de Km de Forécariah (environ 100 Km au sud-ouest de Conakry), abritait entre 1996 et 2002, un camp de réfugiés sierras léonais qui avaient fui leur pays à cause de la rébellion du Ruf (Front uni révolutionnaire).
Des témoins contactés sur place par l'Agence France presse font état de la présence de 30 à 40 mercenaires israéliens et sud-africains. 'Vous pouvez les reconnaître grâce à leurs uniformes qui disent formateur, sur le dos', a déclaré un policier en service à Forécariah, joint par téléphone par l'Afp et qui s'exprimait sous le couvert de l'anonymat. 'Le Capitaine Moussa Dadis Camara est en train de les former pour sauver son régime en cas de trouble', renchérit un autre policier qui a également requis l'anonymat pour des raisons de sécurité.
On note, par ailleurs que l'Ong américaine Human Right Watch avait dénoncé récemment, dans un rapport, sur la situation politique en Guinée, le recrutement des milices par le chef de la junte militaire. Ces milices, qui seraient à la solde de Moussa Dadis Camara, auraient également participé au massacre survenu au Stade du 28 Septembre 2009 à Conakry.
Un porte-parole du ministère sud-africain des Affaires étrangères a déclaré, mardi dernier, que le gouvernement va ouvrir une enquête pour vérifier les allégations, selon lesquelles, des mercenaires en provenance d'Afrique du Sud participent à la formation des milices en Guinée. 'Il y a des informations vraies et fausses dans cette histoire, alors nous vérifions avec beaucoup de prudence leur véracité', a ainsi déclaré Ayanda Ntasaluba, directeur général du ministère des Affaires étrangères.
Des milliers d'armes de guerre circulent actuellement dans la région de Nzérékoré (située environ à 1 200 Km au sud-est de Conakry), frontalière avec le Libéria et la Sierra Léone. Le président Lansana Conté, qui craignait un débordement de la guerre civile au Libéria, avait en son temps armé et entraîné près de six mille jeunes de la région de Mancenta pour aider l'armée guinéenne à défendre le territoire contre les infiltrations des rebelles de l'ancien président libérien Charles Taylor.
La plupart de ces jeunes furent ensuite enrôlés parmi les combattants du Mouvement uni de libération du Libéria (Ulimo). Ces derniers utilisaient le territoire guinéen pour lancer des attaques contre le Libéria. A la fin du conflit libérien, la plupart de ces milices devenus ensuite chômeurs, n'ont jamais restitué les armes qu'ils détenaient par-devers eux. C'est dire que la crise guinéenne constitue, pour nombre d'entre eux, une véritable aubaine.

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