Kaolack — Moussa Camara, membre d'une bande de cambrioleurs d'une pharmacie à Koungheul en 2005, a été condamné vendredi à cinq ans de travaux forcés par la Cour d'assises de Kaolack.
L'accusé devra également payer une amende de 500.000 francs de dommages et intérêts au pharmacien constitué partie civile pour avoir été blessé au doigt lors du braquage.
Le 25 juillet 2005, trois individus encagoulés s'introduisent, vers 21 h, dans la pharmacie pour opérer un vol. L'un d'eux pointe son fusil au front du pharmacien lui tenant en respect, au moment où les deux autres font le tour du comptoir pour s'emparer de la caisse.
Les cris du pharmacien alertent les voisins, mais les malfaiteurs finissent par s'enfuir n'emportant que des bons de caisse qu'ils ont jetés par la suite.
Seul Moussa Camara Diop, handicapé, a été arrêté, alors qu'il essayait de se camoufler dans l'obscurité. Ses complices Babacar Ndao et Kéba Diané qui étaient armés de coupe-coupe et d'une barre de fer, n'ont pu être retrouvés.
L'accusé, 32 ans, a reconnu les faits mais nié avoir porté le fusil comme le soutient à la barre le pharmacien, Abdoul Bâ. Celui-ci a dit le reconnaître comme étant celui qui lui pointait l'arme, à visage découvert puisqu'il s'était lui enturbanné.
Multirécidiviste, condamné déjà plus d'une fois, l'accusé dont le père a confirmé à la Cour son état mental, a déclaré avoir subi un traitement à l'hôpital psychiatrique de Thiaroye. Mais ce diagnostic n'est étayé par aucune pièce, au grand regret de la défense.
L'avocat général, qui a d'ailleurs écarté toute folie chez l'accusé qu'il trouve de mauvaise foi, a estimé constants et établis les éléments du crime de vol aggravé et d'association de malfaiteurs. Abdoulaye Ndiaye a ainsi requis 20 ans de travaux de forcés.
L'avocat de la défense Ibrahima Bèye déploré l'absence de preuves tangibles autres que les déclarations dans ce dossier sans scellés. Il a de ce fait plaidé l'acquittement ou, à défaut, la disqualification des faits.
Il n'a pas été suivi par le président de la Cour, Yaya Amadou Dia, qui a condamné Moussa Camara Diop à 5 ans de travaux forcés en plus de 500.000 francs.
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