L'Express de Madagascar (Antananarivo)

Madagascar: Les mouvances jouent au cirque

Les chefs de l'Exécutif annoncent l'organisation d'une réunion des chefs de mouvance à l'extérieur du pays pour débloquer le problème de la formation du gouvernement.

Lasituation politique devient de plusenplus compliquée. La classe politique n'arrive pas à s'entendre sur la formation du gouvernement. L'idée d'une nouvelle rencontre entre les quatre chefs de file fait son chemin, afin de régler la question après deux semaines de tergiversations.

«Nousdemandons votre bénédiction à vous, la population, car nous sommes obligésde discuter à l'extérieur à cause de l'absence au pays des deux chefs de file. Cela pour chercher ce qui est bien pour le pays», a déclaré Fetison Andrianirina, co-président de la Transition, samedi à son bureau provisoire, à l'Hôtel Carlton à Anosy. L'annonce, «au nom des chefs de l'Exécutif» a été faite dans un discours solennel qui se veut rassembleur, au-delà des mouvances politiques.

La date et le lieu des négociations ne sont pas encore connus. La ville de Paris revient avec insistance en coulisses. «Ce n'est pas important», souligne le co-président pour entretenir le flou sur la question, compte tenu de l'éventuel refus de l'ancien président Ravalomanana de se rendre en Europe. «En tout cas, cela devraitse dérouler la semaine prochaine. Nous espérons qu'après la rencontre, nous aurons lesnoms des membres du gouvernement, ceux du Congrès et du Conseil supérieur de la transition», a-t-il ajouté.

Participation floue

La décision des chefs de l'Exécutif constitue une réponse au blocage de la formation du gouvernement d'Eugène Mangalaza depuis deux semaines. Le calendrier établi par le conseil présidentiel n'a pas pu être honoré. Selon sa prévision, la formation du gouvernement devrait être bouclée samedi.

Les quatre mouvances, en particulier celles de Rajoelina et de Ravalomanana, n'arrivent pas à s'entendre sur l'attribution du ministère de la Justice. L'Éducation de base, les Mines et hydrocarbures restent également au centre du débat.

Le pari de tenir la rencontre n'est pas gagné d'avance. «Nous allons encore y réfléchir», a esquivé Andry Rajoelina, président de la Transition, en marge de l'inauguration d'un tronçon de route à Ambanja samedi. Il reste évasif quant à sa participation au rendez-vous.

La proposition du président de la Transition de maintenir l'équipe gouvernementale actuelle ne va pas arranger les choses. «Si le gouvernement n'a pas pu être mis sur pied, laissons les ministres en poste continuer leur travail ( ) Ils sont compétents et peuvent s'acquitter de leur tâche normalement», a-t-il expliqué.

Dans la pratique, l'offre présidentielle risque de compliquer la situation. Le Premier ministre Eugène Mangalaza semble avoir lancé un message clair sur le sujet en tenant une réunion avec les secrétaires généraux des ministères, plutôt qu'avec les ministres de Rajoelina.

Et la suggestion a reçu une réponse négative de la part de la mouvance Zafy. «C'est illégal et c'est contre l'esprit de Maputo et d'Addis-Abeba», a rétorqué Emmanuel Rakotovahiny. «De quel droit, le président de la Transition peut-il prendre une décision unilatérale ?», s'est-il demandé, tout en soupçonnant une manoeuvre politique quelque part.

L'Union africaine souhaite une téléconférence

L'Union africaine se prononce sur la proposition de tenir une réunion des quatre chefs de file à l'extérieur. Interrogé sur la question, Ablassé Ouedraogo, émissaire de l'Organisation panafricaine, a indiqué que «cela n'est pas nécessaire».

«Des envoyés spéciaux se rendront à Madagascar dans le courant de la semaine, pour évaluer et résoudre la question», a-t-il soutenu. «On peut organiser des séances de visioconférence», a-t-il ajouté comme solution de rechange.

L'émissaire de l'Union africaine, qui se trouve en ce moment à Ouagadougou, évoque les problèmes logistiques et financiers de la rencontre à l'extérieur du pays et «la nécessité du règlement des questions entre les Malgaches eux-mêmes».


Copyright © 2009 L'Express de Madagascar. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire — ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 130 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations d' AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

Comments Post a comment