Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Procès «Opération Pentecôte» - Le sergent Buela victime des humeurs

Kinshasa — Comme certains de ses coinculpés, le sergent Buela Ebia Jean-Felly n'a rien à voir avec la manifestation des militaires ex-FAZ de mars 2004. Pourtant, il croupit en prison depuis 6 ans.

Le jeudi 19 novembre 2009, la Cour militaire de Kinshasa/Gombe, siégeant en chambre foraine à la Prison centrale de Makala, a entendu quatre prévenus impliqués dans la manifestation des militaires ex-FAZ enregistrée dans la nuit du 27 au 28 mars 2004. Le premier à passer à la barre a été le sergent Jean-Felly Buela Ebia, un militaire de la Garde républicaine arrêté le 18 mars 2004.

Sur basse du dossier, le colonel Kalala Kapuku Martin, président de la Cour militaire, a rappelé au prévenu que le ministère public l'accuse d'avoir participé à la préparation des événements de mars 2004, et qu'il a assisté aux réunions à partir de mars. Pour toute réponse, le sergent Jean-Felly Buela a déclaré à la Cour qu'il ne connaît personne parmi les manifestants. Et il a ajouté : « J'ai été arrêté pour raison d'enquête ».

A la question de savoir où il était dans la nuit du 27 au 28 mars 2004, le prévenu a répondu que lorsque tout cela se passait il était au cachot dans la cave du camp militaire Tshatshi. Et au camp Tshatshi, les enquêteurs lui ont demandé les noms des gens qu'il ne connaissait pas. Par après, on l'a envoyé à la Démiap où il n'a subi aucun interrogatoire. Ce n'est que le 29 juin 2004 qu'il a été entendu sur procès-verbal à l'Inspection provinciale de la police. Et ce, lorsqu'il était déjà transféré en prison.

Quand le président de la Cour militaire lui a demandé s'il connaissait le sous-lieutenant Ayevungbo et le sergent-chef Mbinza Kamba, le prévenu a dit qu'il a découvert Ayevungbo en prison. Quant à Mbinza, il l'a connu en tant qu'élément de l'unité chargée des autos blindées. Il le voyait à la parade, mais ils ne s'entretenaient pas ailleurs. Après cette brève audition, le major magistrat Nsendula a fait remarquer au ministère public Muwau Sanzu que la Cour ne voit pas les procès-verbaux du prévenu dressés au camp Tshatshi. Mais l'organe de la loi est resté bouche cousue.

Le tour de la défense venu, Me Pascal Ngongo a déclaré à la Cour que le ministère public n'a rien à dire. En plus, a-t-il fait remarquer, il y a des contradictions dans les procès-verbaux. Et cet avocat de conclure : « Le ministère public n'a qu'à décharger le prévenu ».

Il faudrait noter que le sergent Buela Ebia Jean-Felly avait déjà bénéficié de la liberté provisoire. Mais de part la méchanceté des hommes, il s'est de nouveau retrouvé en prison sans motif plausible.


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