Kinshasa — Betukumesu Lubuyi Didi, Président national de l'Union culturelle Lulua et Frères et membre du comité de pilotage de Katande parle du barage de katende dans cette inteview qu'il a accordé au journal Le Potentiel.
Quelle est votre réaction et celle de l'Union culturelle Lulua et Frères en apprenant que l'Inde a accordé à la RDC un crédit dont 168 millions USD sont destinés au barrage hydroélectrique de Katende au Kasaï Occidental ?
Je vous dis que ma réaction est celle de tout un peuple, y compris l'ensemble des membres de l'Union culturelle Lulua et Frères. Notre joie est immense et nous voulons la partager avec tous les Congolais qui veulent que les choses changent et avancent en bien. Parce qu'il s'agit ici d'une question non pas de la province du Kasaï Occidental ou du Grand Kasaï, mais du développement de notre pays la RDC. Nous sommes donc très fiers d'apprendre cette nouvelle dans l'espoir que le rêve va bientôt devenir réalité.
A quand remonte l'histoire du barrage de Katende et quels sont ses avantages ?
L'histoire de l'attente du courant électrique fourni à partir de la réalisation des chutes de Katende remonte au temps colonial. Les gens de notre âge savent que cette histoire date de longtemps. Il était question au départ, de la réalisation du projet laissé par les Belges. C'est ainsi qu'on a parlé du barrage de Mbombo, on est allé plus loin pour parler aussi de Katende 1 et Katende 2. Je peux dire que c'est un problème qui a retenu l'opinion kasaïenne depuis plus de vingt ans, et un enfant de vingt ans est déjà à l'Université. Quant aux avantages de ce barrage, ils sont comparables dans des proportions assez moindres, à ceux du grand barrage d'Inga. Le courant électrique est un moteur du développement du pays. L'électricité permet d'ouvrir des industries, de petites unités de production, et surtout de faciliter les investissements dans tous les secteurs. Si on a le courant, si on aménage des routes et si la sécurité des personnes et de leurs biens est assurée, je vous assure que la province connaîtra un boom sur tous les plans dans moins de cinq ans. Je peux me permettre donc de lancer un défi à quiconque doute encore de la capacité de notre population à se prendre en charge de passer dans cinq ans et voir si la province n'aura pas réalisé un grand bon en avant.
Que comptez-vous faire pour que les fonds et les équipements destinés au barrage de Katende ne soient pas détournés?
Vous posez cette question à une source autorisée, parce que je suis moi-même nommé par arrêté du ministre de l'Energie, membre du comité de pilotage du Groupe consultatif de Katende (GCK). Je représente à ce titre la province du Kasaï Occidental dans toutes les questions relatives à ce barrage. Je vous promets que nous ferons tout pour que les équipements destinés à la construction du barrage arrivent à destination. Les gens croient que les 168 millions de dollars de crédit indien destinés aux travaux, c'est de l'argent liquide que certains mettront facilement dans leurs mallettes. Je vous précise qu'il s'agit plutôt des équipements et matériels nécessaires à la réalisation des travaux. Dans le comité de pilotage, j'ai, entre autres, la charge de réceptionner à partir de Kinshasa, tous les équipements de Katende et de les expédier à Kananga. Je crois que la population est assurée de l'arrivée sans encombre de tout ce qui lui revient dans ce cadre précis de Katende.
Le gouverneur Trésor Kapuku a déclaré au cours d'un rassemblement populaire organisé à Kananga à propos de ce crédit, que Katende est l'un des plus grands parmi les cinq chantiers de la République. Qu'en dites-vous?
Je ne peux pas contredire le gouverneur Kapuku qui est l'un des acteurs principaux de cette réalisation et qui a effectué le déplacement de l'Inde pour assister à la signature des accords de crédit entre l'Inde et la RDC. Mais avant de voir Trésor Kapuku, je saisis l'occasion pour rendre à César ce qui revient à César, c'est-à-dire rendre hommage au président de la République, Joseph Kabila. Car il avait promis et il a réalisé sa promesse, de telle sorte que le rêve d'hier est en train de devenir une réalité. En outre, il ne faut pas oublier qu'en dehors du gouverneur Kapuku, cette réalisation est le résultat des efforts conjugués de l'ensemble de la classe politique provinciale. Je peux citer, à titre d'exemple, le prof Evariste Boshab, président de l'Assemblée nationale et d'autres qui se sont impliqués à différents niveaux pour que la volonté des Kasaïennes et Kasaïens, morts et vivants, puisse se traduire par l'obtention du courant électrique de Katende. Je vous rappelle aussi que l'énergie fait partie des cinq chantiers de la République.
Que dites-vous de la Codesko (Conférence pour le développement du Kasaï Occidental) qui avait récolté des fonds pour ce barrage et quel est votre message à la population de cette partie du pays ?
Nous devons remercier les aînés, qui ont pris la charge de réaliser le barrage avec la cotisation de toutes les personnes de bonne volonté. Nous leur sommes reconnaissants. Concernant la gestion de l'argent récolté par eux pour ce barrage, il appartient à ceux qui avaient donné l'argent de demander des comptes, mais ce n'est pas notre préoccupation pour le moment. Mon message à la population bénéficiaire proche ou lointaine de l'électricité de Katende est clair : soyons unis. Tous ceux qui cherchent à diviser n'atteindront aucun objectif, mais ensemble, nous aurons tout, car Dieu est du côté de ceux qui s'unissent et qui s'aiment et non de ceux qui se divisent et se haïssent.

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