Libreville — Le représentant régional du fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) au Gabon, en Guinée Equatoriale et à Sao Tomé et Principe, Dr Speciose Hakizimana Ndabihore, à l'occasion de la célébration, vendredi, à Libreville et dans le reste du monde, des 20 ans de la Convention relative aux droits de l'enfant, a déclaré lors d'une interview accordée à GABONEWS qu'« au Gabon, il y a une réelle dynamique qui s'opère ».
EFFORT DE PRISE DE CONSCIENCE
Analysant l'implication croissante des 193 Etats signataires de ladite Convention, Mme Ndabihore, a insisté sur les « réelles avancées » constatées dans plusieurs secteurs d'intervention. « Il y a des progrès importants qui ont été réalisés et beaucoup de choses ont été faites dans le monde, notamment en ce qui concerne le droit à l'éducation, la lutte contre le VIH/SIDA et la protection des enfants contre les abus sexuels et autres formes de violence ». « Mais comme dans tout processus d'acquisition et de respect des droits, des choses restent encore à faire. La mortalité infantile est toujours élevée, des enfants demeurent encore victimes des conflits et de la traite pour n'évoquer que cela ». Selon le représentant régional, ces manquements ne sauraient occulter l'adhésion de la communauté internationale aux principes de la Convention Relative aux droits de l'enfant, tel qu'observée par l'UNICEF au cours de ces deux dernières décennies. « Pour ne citer que les enfants victimes des conflits, nous avons effectué un travail énorme suite à celui de Graça Machel sur l'implication des enfants. Ceux qui exploitent les enfants lors de ces conflits ont pris conscience du mal qu'ils leur faisaient subir. On note de ce fait que dans les pays touchés par les guerres, il se remarque des efforts de prise de conscience et de mise en place de mesures qui permettent la réintégration de ces enfants ».
« REELLE DYNAMIQUE » GABONAISE
Réduisant le champ d'analyse à l'expérience gabonaise et en prélude aux résultats de la revue à mi parcours du programme de coopération 2007-2011 de l'UNICEF et du Gabon, Madame Ndabihore a loué l'impulsion institutionnelle en matière de préservation des droits de l'enfant, et apprécié l'adoption de mesures législatives consacrées. « Les pays qui ont ratifié ladite convention ont mis en place des mesures pour préserver et protéger les enfants. Le Gabon fait partie des premiers pays signataires. Il a donc mis en place énormément de textes de loi ; il existe et partant une panoplie de mesures qui ont été prises et mis en application ». « Il y a encore des choses à faire, mais il serait injuste de ne pas reconnaître les efforts consentis. On ne peut quantifier les résultats à la date actuelle parce que les données manquent. Cependant l'on remarque qu'au Gabon une réelle dynamique s'opère, que ce soit au niveau du gouvernement, de la société civile qu'à celui des partenaires au développement », a -t- elle concédé.
« PROGRESSION LENTE, MAIS SÛRE »
Reconnaissant l'importance de la tâche à accomplir dans le monde en général et au Gabon en particulier, le représentant régional de l'UNICEF a invité l'ensemble des parties prenantes à poursuivre les efforts de ces deux dernières décennies ; pour la préservation des droits de l'enfant. « Le monde vit encore des difficultés, des problèmes persistent. Certains enfants n'ont pas accès à l'école, d'autres ne sont pas vaccinés, tout cela est vrai. Mais l'on observe tout de même une progression sûre, même si elle semble lente ». Célébré hier jeudi au centre social d'accueil des enfants en difficulté, Arc-en-ciel, à Libreville, les 20 ans de la Convention relative aux droits de l'enfant ont vu la participation de représentants d'institutions et de plénipotentiaires en poste au Gabon. Cette journée a été l'occasion pour Mme Ndabihore d'interpeller les autorités gabonaises pour la mise en place d'une loi précisant la non comparution en justice des mineurs d'une part, et d'autre part, d'annoncer que des études portant sur la violence en direction des enfants sera initiée sous peu sur le territoire national.
Pour sa part, indiquant la constitution récente de « groupes de réflexion » sur la préservation des droits de l'enfant, le Directeur Général du ministère en Charge des droits de l'homme, M. Eric Dodo Bouguendza a précisé que son administration actuelle s'engagerait prochainement à faire des « propositions concrètes » au gouvernement.La Convention relative aux droits de l'enfant, qui est un traité international de l'Organisation des Nations Unies (ONU), a été adopté le 20 novembre 1989 avant d'entrer en vigueur le 2 septembre 1990. Avec « 54 articles et deux Protocoles facultatifs », la Convention énonce le respect de « droits fondamentaux» relatifs à « tous les enfants du monde » notamment : « le droit de se développer dans toute la mesure du possible; le droit d'être protégé contre les influences nocives, les mauvais traitements et l'exploitation ».
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