On n'est plus à une déception près !
Avec l'annulation, sans aucune explication, des deux représentations de la pièce «Le professeur Klenov» du théâtre national algérien, la participation de nos voisins aux JTC s'est limitée à une seule création «L'étoile et la comète» de Chérif Ayad Ziani, une des figures de proue du théâtre algérien.
Ce metteur en scène intimement lié à l'oeuvre de Kateb Yacine, qui a fait ses premiers pas au TNA, est venu célébrer, avec nous, son auteur et acolyte, à travers la ferveur d'un dialogue sur le sens de la vie et du combat qui a animé Kateb Yacine aussi bien dans sa vie que dans son oeuvre. Avec «L'étoile et la comète», Ziani Cherif Ayad poursuit sa double réflexion sur l'écriture théâtrale algérienne contemporaine, en adaptant le texte d'Arezki Mellal, pour en faire une création, le moins qu'on puisse dire,déconcertante.
La scénographie annonçait le ton d'un traitement déjà révolu: un musicien à la droite de la scène, un choeur qui occupe la partie centrale, et le personnage féminin immobilisé vers la gauche.
La mise en scène mettait en place une sorte de face-à-face entre le personnage de Nédjma, femme énigmatique, incarnation de l'Algérie, figure d'un amour impossible et héroïne de l'oeuvre de Kateb Yacine et une sorte de chansonnier troubadour, l'artiste musicien qui lui donne la réplique et qui lui renvoie en notes et en chant le monologue du personnage principal.
Durant plus d'une heure, on a eu droit à un jeu statique, avec un va-et-vient entre le choeur de quatre comédiens et Nédjma, ligotée à un arbre desséché. Cette récitation du texte est restée sans aucun échange entre les personnages. Chacun était isolé dans son coin. Le musicien accoudé à son luth ne faisait que paraphraser, tel un écho, les tirades qui sortaient de la bouche de Nédjma. Celle-ci racontait sa détresse dans un élan lyrique révolu.
Il est vrai que "L'étoile et la comète" de Ziani est une tentative de questionnement de l'oeuvre de Kateb, une immersion dans son univers, en empruntant certains de ses personnages, et quelques-unes de ses Métaphores, mais on est resté loin de son souffle si particulier, et de l'énergie de son écriture.
Et même si Ziani se place en tant que prolongement de la réflexion de Kateb Yacine sur son pays et sa société, le sens de l'engagement, de la révolution et de la résistance, ces bonnes intentions n'étaient pas abouties, au niveau de la dramaturgie et de la mise en scène, qui suivaient un rythme linéaire et insipide avec une conception archaïque de la scène et des relations entre les personnages.
Ziani aurait tout à gagner s'il s'était inscrit dans la logique du théâtre de Kateb Yacine. Mais il a raté le coche avec une mise en scène à l'antipode de tout le discours de son auteur fétiche qui prônait un théâtre moderne, inscrit dans son époque, un théâtre en perpétuel mouvement, un théâtre populaire, effervescent et évolutif.
Encore une déception !!

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