Le mythe et l'esthétique de la Carthaginoise déesse rêvée, renaissant de ses cendres n'en finit pas d'inspirer nos artistes. Didon-Elyssa, Tanit ou Ashtart, elles ont laissé leur sillage lumineux dans l'imaginaire.
Alia Belkhodja n'en finit pas d'explorer leur trace et leur empreinte. «Peinture de l'ensevli, de terre et de mortier sur laquelle s'affrète un parfum d'épi de blé, mêlée d'un frimas monochrome qu'un calcaire neigeux orne d'une frise immatérielle où la corne d'abondance de la déesse Africa verse son breuvage lacté en volutes, en méandres, en rinceaux, qui sortent de notre champ visuel pour entrer dans celui des dieux mêmes invisibles. Le tableau s'efface de votre vue au moment où vous le regardez car il rejoint ce que vous ne pouvez pas voir, il poursuit des personnages éteints d'un banquet funéraire où les défunts boivent à la coupe de l'immortalité», écrit Héla Béji de cette quête de l'antique que poursuit Alia Belkhodja.
La Carthaginoise qu'elle traque et poursuit de ses souvenirs est gravée dans le marbre, estompée dans la pierre, esquissée dans les bas reliefs, effacée dans les stucs, déesse tutélaire omniprésente et omnipuissante.
C'est au Grand Palais, à Paris, qu'elle présentait cette recherche au cours de l'exposition : «Art en capital» qui s'y tenait récemment, et au milieu d'un aréopage d'artistes venus du monde entier. Alia Belkhodja, que l'on regrette de ne pas voir plus souvent sur nos cimaises, sera à Shangai pour l'Exposition universelle et à Paris où une galerie vient de l'inviter à exposer au printemps prochain.
A suivre.

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