Parce que la fraude sur l'âge des sportifs est devenue « un cancer », l'Anps a décidé de mener la réflexion sur le sujet. Même si le football est plus en vue, les autres disciplines sont aussi concernées par le mal.
La pratique de la fraude sur l'âge dans le milieu du football est tellement répandue, que pour la première fois dans l'histoire du football, la Fifa a exigé un scanner pour déterminer l'âge des joueurs de certaines sélections africaines lors du dernier Mondial des cadets. Ce qui avait obligé le Nigeria et la Gambie à « charcuter un bon nombre de leurs joueurs », selon le terme employé par Mamadou Koumé, président de l'Association nationale de la presse sportive (Anps). Loin d'être l'apanage du football, la maladie touche aussi les autres disciplines sportives. Les anecdotes des animateurs en sont de parfaites illustrations.
Assimilé à « un cancer » par Saër Seck, la fraude sur l'âge est une réalité qui, d'après le modérateur, Tidiane Kassé, rame à contre courant de « l'éthique sportive ». Parce que les fraudeurs évoluent dans une catégorie qui n'est pas la leur, déjouant ainsi l'équilibre des forces. Comme l'explique le Pr. Samb, physiologiste à l'Ucad, « les jeunes consomment plus d'oxygène que les personnes âgées. C'est pourquoi ils font plus d'efforts physiques qu'elles. » C'est pour briser le tabou que l'Anps a engagé la réflexion ce samedi au stade Léopold Sédar Senghor. Parce que comme le reconnaissent les panélistes, que l'on soit journaliste, éducateur de sport, autorité politique ou administrative, tout le monde est coupable.
C'est pourquoi, l'ancien ministre des Sports, Daouda Faye, a suggéré à l'Anps de faire des propositions et de les soumettre aux parlementaires afin qu'ils légifèrent sur la question. Mais comme il le précise, « il ne faut pas que le monde croit qu'on se sent coupable, c'est pour cela que nous menons la réflexion ». Parce que « nous avons été victimes de cette combine dans la petite catégorie », indique Moussa Camara de l'Institut Diambar.
Un mal que le juriste Fall considère comme une « déviance », non sans déplorer l'insuffisance de la répression et plaider pour la sensibilisation. En effet, les conséquences engendrées par la pratique sont énormes. Hormis qu'elle empêche les véritables jeunes d'être sélectionnés, il faut ajouter les blessures des partenaires et adversaires moins jeunes en cas de contact aux entraînements et en matches, les victoires éphémères, la baisse de performance dû au vieillissement, etc. Ce dernier point, selon le spécialiste du droit, peut servir de prétexte pour enclencher des poursuites judiciaires. Et d'expliquer que le club peut évoquer « un vice de consentement ou des manoeuvres frauduleuses. »
Ce tableau sombre dressé par les hommes du sérail peut être changé si les moyens sont mis à la disposition des experts. Car, à partir de « l'os, on peut savoir l'âge de l'individu », affirme le physiologiste, Dr. Samb. Pour cela, il suffit simplement de faire l'examen morphologique, la radiologie osseuse, un scanner osseux ou une IRM.

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