Le Centre arabe et africain de formation et de recherches théâtrales d'El Hamra a organisé, depuis le 12 novembre dernier, trois ateliers de formation au profit de bon nombre de journalistes, régisseurs son et lumière arabes et africains.
Coïncidant avec la 14e édition des Journées théâtrales de Carthage, ce stage qui sera clôturé aujourd'hui, s'articule autour de trois grands chapitres: le premier concerne le perfectionnement dans la régie son. Le second, la régie lumière. Le troisième est consacré à la formation dans l'art de la critique théâtrale.
Pour ce qui est des deux premiers ateliers, la formation est assurée par deux Belges, à savoir Emmanuel Deck et Philippe Kariger. Le pourquoi du comment consiste, selon la comédienne et coordinatrice générale du centre, Leïla Toubel, à parfaire les requis des amateurs et disciples du quatrième art en étant encadrés par des professionnels avérés.
Un autre objectif, note la comédienne, est de maintenir solide et à «bords verdoyants» le pont culturel entre l'Afrique et le monde arabe, vu que les participants viennent du Niger, du Sénégal, du Cameroun, de la Côte d'Ivoire, de la Syrie, de l'Egypte, du Liban et de la Tunisie. Ces ateliers ont été organisés avec l'appui de l'Organisation mondiale de la francophonie (OIF).
L'atelier de la formation dans la critique théâtrale, conduit par notre collègue Hatem Bouriel, est un cadre d'initiation à la critique théâtrale en fonction des techniques de base de cet art dramatique.
Ce faisant, en présence du metteur en scène et directeur du centre Ezzedine Ganoun, les stagiaires ont débattu tout au long de la journée de lundi dernier, des différents processus qui ont facilité la représentation de The end, la nouvelle création du théâtre El Hamra. Ils se sont, donc, largement attardés sur la manière dont a procédé Ezzedine Gannoun pour présenter une réalité différente au public, mais crédible et vraisemblable.
Toujours dans le même contexte, l'une des questions majeures transmises au même metteur en scène, a porté sur les dialogues grâce auxquels les protagonistes se sont montrés vivants et dotés d'un élan progressif au fil de l'intrigue. Allant crescendo, le débat s'est vu focaliser, par la suite, sur les différentes étapes de l'interprétation du texte écrit, ainsi que sur les indications séparées du texte original. D'autres questions ont été posées sur la mise en scène, la scénographie et les caractères des personnages.
De ce fait, il a été procédé à la mise en exergue de l'excellente interprétation de la comédienne Leïla Toubel dans The end. Un rôle que la majorité des observateurs ont jugé «admirablement réussi», étant donné que la protagoniste a très bien su donner vie à un être sur papier qu'est «Nedjma».
«C'est grâce à ses techniques vocales et physiques, ainsi que sa sensibilité émotionnelle que Leïla est parvenue à émouvoir le public», tranche Khadija, une journaliste marocaine au quotidien Le Matin.
Le débat a, de la sorte, versé dans le sens d'un débat artistique, fructueux entre les participants et le metteur en scène de la pièce, lequel n'a pas manqué d'apporter des éclaircissements puisant dans sa propre expérience des apartés et des répliques et tirades. En répondant à un faisceau de questions, Ezzedine Gannoun a martelé, en clair, l'impératif de ne jamais oublier la règle des trois unités (temps, lieu, action) en s'intéressant à l'étude d'une oeuvre théâtrale. Il a également insisté sur l'importance d'une certaine distanciation par rapport à la scène, afin d'éviter de succomber à l'illusion innée à la présentation d'une pièce. Et ce, en rompant l'effet de catharsis inhérent au théâtre conventionnel.
Par ailleurs, revenant sur les éléments de surprise dans sa pièce, le metteur en scène a précisé aux journalistes qu'il vise, derrière, de confronter le public à l'illusion théâtrale et à le rendre attentif à la mimésis à laquelle il assiste.
«Certains effets théâtraux dans ma pièce permettent une forme théâtrale plus didactique à portée morale et non moralisatrice».
Avec la même fougue d'un homme dont le quatrième art n'a jamais cessé de couler dans les veines, le même intervenant a ajouté que les techniques théâtrales qu'il adopte dans sa pièce n'y sont pas pour raconter une histoire, mais plutôt pour que l'histoire provoque une prise de conscience du spectateur face à l'intrigue transposée.
C'est ainsi que des journalistes, tels que les Sénégalais Yokoba et Fatou Kine, la Marocaine Khadija, et la Libanaise Maryem Hammoud ont affirmé que ce stage permet à chacun d'apprendre à exprimer, structurer et argumenter son point de vue, en analysant les différents aspects de l'écriture scénique, en l'occurrence la dramaturgie, la direction des comédiens et la scénographie. «Cela nous permet d'approcher comme il se doit le processus de création», affirme Maryem Hammoud.

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