Le Soleil (Dakar)

Sénégal: Escroquerie - Espérant empocher dix millions, elle perd finalement ses 250.000fcfa

Pikine Tally Bou Mack. Mariama, plus connue sous le nom d'Ourèye Barry, vient de descendre d'un taxi clando et se dirige vers l'arrêt des « cars rapides » pour se rendre à Yeumbeul. Un homme l'intercepte et la salue en pulaar. Il lui fait croire qu'il venait d'apprendre par la radio que le billet dont il est en possession a gagné à la loterie nationale et que c'est à la banque qu'il doit retirer son argent.

Parole d'un escroc présumé. Après quoi, il la supplie de l'aider à localiser la banque. « Je préfère m'adresser à toi qui est de la même ethnie peul que moi », lui dit Cheikh Dia. Alors que le couple s'avance, surgit un individu qui s'engage à les guider. En réalité, il n'est qu'un acolyte de Cheikh Dia. Pendant qu'ils marchent tous les trois, Cheikh Dia souffle à l'oreille de la dame que la somme qu'il a gagnée est de dix millions. Il ajoute sa préférence à donner une partie de cet argent à elle plutôt qu'au nouveau venu.

Pendant que tous les trois font chemin ensemble, l'homme qui vient de s'inviter à la conversation révèle à la femme que le gain s'élève à 20 millions FCfa et non 10 millions. Il propose à la dame que les deux mobilisent une certaine somme d'argent à remettre à Cheikh Dia pour ensuite se partager les vingt millions.

« Cheikh Dia m'a même révélé qu'il est très pressé de rentrer au Fouta. Si bien qu'avec de l'argent cash, il est disposé à céder le billet et partir tout de suite », dit-il. Hypnotisée par les dix millions qu'elle s'imaginait déjà, la dame demande à ses deux compagnons de circonstance de l'accompagner à Keur Massar pour prendre les deux cent cinquante mille francs qu'elle avait économisés. De retour de Keur Massar, les deux acolytes insistent pour qu'ils descendent tous à Bène Baraque, après avoir fait croire à la dame qu'il existe une banque où l'argent peut être retiré.

Dans un coin, Cheikh Dia sort de sa poche un billet de loterie emballé dans un sachet en plastique qu'il remet à la dame. A son tour, celle-ci lui donne l'argent. A partir de ce moment, Cheikh Dia et son acolyte intiment à Ourèye Barry l'ordre de se rendre seule à la banque pour le retrait de l'argent. « On te fait confiance vas-y seule, surtout que tu es une femme ». Hélas pour cette pauvre, elle sillonnera toutes les rues et ruelles de Bène Baraque avant de se faire révéler par quelqu'un qu'aucune banque n'existe dans cette localité.

Dare-dare, elle retourne là où elle avait laissé Cheikh Dia, mais ne retrouve point une seule trace des deux hommes. Se sachant plumée, elle rentre à la maison. Un mois et demi plus tard, Ourèye Barry, depuis un « car rapide » où elle se trouve, aperçoit le même Cheikh Dia végétant sur le trottoir à hauteur de Tally Boukhonkh, à Malika. Elle demande à descendre du véhicule, confie les bagages à sa compagne avant d'aller empoigner le présumé escroc.

Un tailleur qui suivait la scène depuis son atelier de couture, croyant qu'il s'agit d'une simple querelle entre conjoints sur fond de dépense quotidienne, fait entrer le couple dans l'atelier et propose à la femme de se charger de la dépense contre la libération de son mari. C'est après que Ourèye Barry lui a raconté ce qui s'est passé que le tailleur, aidé par un autre individu, a conduit Cheikh Dia à la police de Yeumbeul. Ce dernier a beau nié les faits, son arrestation a été systématique.


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