Après avoir brillamment réussi un premier album, battu les plus grands records de vente de cassettes au pays, réalisé un nombre impressionnant de Floby tournées à l'intérieur du pays, fourmillé en Europe et en Amérique, Floby revient confirmer tout le bien que l'on a toujours pensé de lui. Depuis le 30 juin dernier, il a un second album sur le marché du disque. Au bout de 4 mois seulement de vente, il est sur le point de battre le record ronflant que n'importe quel mélomane jugeait imbattable au Burkina Faso (piratage et pouvoir d'achat du Burkinabé obligent). Voilà. Pour une fois au Faso, on en arrive là. Deux albums successifs à succès, reconnaissez avec nous que c'est du rarement vu. C'est à cause de ce parcours exceptionnel que nous avons souhaité le rencontrer pour échanger un peu avec lui sur ce qui l'inspire et comment il vit ses journées.
Floby, c'est qui ?
Nous l'avons rencontré au détour d'une animation qu'il venait donner à quelques encablures de la pédiatrie Charles de Gaulle. Floby, c'est le chanteur, mais à l'Etat-civil, pour ceux qui ne le savent pas encore, c'est Bélemyangré Florent. Avant d'être en musique, il est passé par toutes les difficultés de la vie. En l'écoutant attentivement, on a pu l'entendre dire «Je sais ce qu'il y a derrière moi. Je ne veux pas y retourner. Alors, je fais attention à ma vie ». Un artiste averti. Il cherche donc son chemin et reste humble. Il se définit comme un porte-flambeau de l'espoir. Lui qui est passé par trop de difficultés a appris à connaître Dieu. « C'est Dieu cet espoir qui nous guide, nous amène à nous surpasser, à travailler, à réussir », dit-il. Il espère contaminer des millions de jeunes. Pas seulement ceux qui font de la musique mais ceux qui ne savent pas encore que l'espoir peut faire bouger des montagnes.
Floby a-t-il réussi ?
La question le gêne vraisemblablement. Il aurait aimé dire non (humilité oblige) mais il faut bien dire la vérité. « Pour dire vrai, oui ! ». Mais il ajoute que ce n'est pas l'argent qui fait la réussite ; c'est le fait de réaliser un rêve d'enfance. Il dit qu'il est heureux, qu'il est entouré de personnes formidables qui l'aiment et qui le soutiennent. Il peut dès lors dire qu'il a réussi. « Je crois en Dieu et pense que tous ceux qui en croient en lui ne peuvent que réussir.». Conclusion très spirituelle.
Il préfère le premier ou le second album ?
Tous les deux sont des oeuvres de l'esprit selon lui. Il les a puisés du fond de lui-même. Le premier a fait de bonnes ventes et il a tourné beaucoup. Mais il avoue qu'avec ce second album, depuis seulement 4 mois, il est sur le point de battre son propre record de vente. Il déplore toute de même la piraterie qui empêche de faire des chiffres réels sur le terrain. En plus des ventes du second, il annonce qu'il ne se passe quasiment pas un seul jour sans qu'il ne soit appelé à prester à quelque part. Il lui arrive même d'être en prestation 4 fois dans une même journée. « Karidiatou » (NDLR : c'est le titre du tube phare du second album) a un succès fou. Il explique ces exploits par le fait qu'il est bien entouré et bien conseillé. A ses côtés, il a son Manager Ben Kelly et Alain Traoré (Alino) son Chargé de communication. Ces deux ne sont plus à présenter dans le milieu du «show-biz ». Pour lui, sans ces derniers, il n'aurait pas réussi à rééditer et surpasser l'exploit du premier album. Il apprécie beaucoup ses fans et tous les Burkinabé. Ceux qui l'on adopté ont fait de lui ce qu'il est présentement. Il ne s'en veut donc pas de faire des concerts de proximité. C'est une occasion de rendre aux Burkinabé ce qu'ils lui ont donné.
Le second album n'était pas facile à sortir ?
« Il n'y avait pas de trop de moyens, parce que nous avons décidé de faire un grand album, avec cinq arrangeurs différents», avoue-t-il. Lui et son staff technique se sont rendu compte en plein enregistrement qu'ils n'avaient plus assez d'argent. Ils ont donc eu la chance d'entrer dans les grâces de « personnes de bonnes volonté », de gens qui n'ont pas hésité à les pousser pour la sortie de l'album et sa phase promotionnelle.
N'omettons pas que pour le premier album, il avait été produit par « Le commandant Papus », un monsieur très averti dans le milieu. Est-ce que Floby et lui ont rompu les passerelles ? (NDLR : la rumeur se faisait très forte au sujet de cette rupture). Non catégorique de Floby. Papus, c'est son père spirituel. « J'ai toujours le même respect pour lui. Il m'a toujours soutenu et conseillé. Je l'ai même vu ce matin (Mercredi dernier)... je lui suis à tout moment reconnaissant pour tout ce qu'il a eu à faire pour moi.».
Le troisième album dans trois ans
« Nous nous sommes promis de sortir un album chaque trois ans », annonce celui qu'on appelle affectueusement Flo. Il est sûr d'en être capable. D'ailleurs, pour le second album, il avait un total de 39 titres et son staff était dans l'incapacité de choisir. Il rassure donc qu'il y a de la matière. « Que mes fans se tiennent sereins» dit-il, souriant. Rendez-vous donc est pris pour le 30 Juin 2012.

Comments Post a comment