Sénégal: Le parc national de Niokolo Koba est "vieillissant", selon son conservateur

Niokolo Koba — Le parc national de Niokolo Koba (PNNK), immense réserve de biosphère classée patrimoine mondial en péril par l'UNESCO en 2007, est aujourd'hui "vieillissant" en raison des menaces qui pèsent sur son environnement, a indiqué son conservateur le commandant Samuel Diémé.

Situé entre les régions de Tambacounda et de Kédougou (Est), il avait été créé en 1954 pour conserver et protéger la faune et la flore menacées de péril.

Mais, pour son conservateur, le commandant Samuel Diémé, qui s'exprimait lors d'une visite de presse organisée par le Groupe recherche, presse et environnement (GREP) dans la période du 19 au 22 novembre, il est aujourd'hui "vieillissant".

Selon lui, le parc qui couvre une superficie de 913 000 hectares avec un effectif de 120 agents, fonctionne avec un budget 122 millions de FCFA toute l'année. Mais si en septembre 2007 les autorités avaient promis d'injecter 14 milliards pendant trois ans dans le parc, force est selon Samuel Diémé de reconnaître que cette promesse est restée lettre morte.

En plus des moyens financiers, l'aménagement constitue un facteur limitant dans la gestion du parc. Il est en effet très difficile de se déplacer à l'intérieur de cette réserve à cause de la dégradation des pistes.

Le commandant Diémé explique que ses agents ne peuvent pas accéder à certaines parties du parc. Une accessibilité encore plus difficile pendant toute la saison des pluies pour la zone centre, la plus vaste du parc. Une situation qui arrange bien les affaires des braconniers.

Le chargé de la lutte anti-braconnage, le lieutenant Alioune Badara Gueye souligne ainsi que "c'est un braconnage commercial à grande échelle qui ravitaille en viande le marché hebdomadaire de Youkounkoun en République de Guinée".

"Le braconnage local est très infime. Dans plusieurs cas, les délinquants que nous interpellons disent qu'ils font le braconnage pour nourrir leur famille pendant la saison morte entre juin et septembre", a-t-il précisé. Mais il a indiqué que ses hommes sont très motivés pour barrer la route aux braconniers, expliquant qu'il suffit tout simplement de renforcer les effectifs sur le terrain.

C'est d'ailleurs ce braconnage qui est pointé du doigt dans la diminution de la faune constatée ces dernières années.

"Très peu de visiteurs vous disent qu'ils ont vu un lion", déplore le conservateur du parc. La zone, jadis fréquentée par les lions, abrite un poste de garde qui porte le nom symbolique de "camp du lion".

"Il y avait beaucoup de lions dans cette zone. Mais, la population a régressé en raison du braconnage et de la présence humaine", signale sergent Camara.

Selon lui, les résultats du décompte de la population effectué par des Tchèques en 2006 sont toujours attendus. Il est également devenu de plus en plus difficile aux visiteurs de rencontrer l'éléphant qui est pourtant l'emblème du Parc national de Niokolo Koba.

Cependant, le braconnage n'est pas la seule cause de la diminution de ces espèces. En provoquant l'assèchement des mares, lieu d'abreuvement de la faune, la sécheresse de ces dernières années y a également beaucoup contribué.

En conséquence, des plantes envahissantes telles que le mimosa pigra et mitagyna inermis se sont développées. Une situation qu'illustre la mare de Simenti où la superficie de l'eau se rétrécit chaque année.

Les autorités du PNNK n'arrivent pas expliquer ce phénomène, mais un système de veille a été mis en place pour sauver cette mare. Elles estiment que si rien n'est fait d'ici à deux ans, les plantes envahissantes vont continuer à se développer au grand dam des animaux qui y venaient pour s'abreuver et brouter l'herbe fraîche.


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