Le droit d'aller à l'école, d'être soigné, de jouer, d'exprimer son opinion et son point de vue, ou tout simplement d'avoir un nom, une identité. Nombre d'enfants malgaches ne jouissent pas encore de ces droits les plus basiques, alors que la convention internationale des droits de l'enfant vient de marquer le cap de sa vingtième année.
L'état des lieux ne laisse donc pas encore transparaître une situation satisfaisante. Le nombre d'enfants travailleurs à Madagascar reste très élevé. La plate-forme de la société civile pour l'enfance (PFSCE) qui a organisé la semaine dernière une séance de mobilisation sur ces droits de l'enfant, avance le chiffre de 80% d'enfants âgés de 5 à 17 ans qui travaillent. Par ailleurs, les statistiques des ONG présentes lors de cette séance de mobilisation, montrent que les maltraitances physiques et sexuelles sont bien réelles, et parmi les plus élevées - respectivement 45% et 34% - par rapport aux autres formes de maltraitance.
L'autre facette non négligeable reste la négligence des parents, laissant ainsi des enfants livrés à eux-mêmes. De même, un nombre encore important d'enfants malgaches n'existent même pas aux yeux de l'Etat car ils n'ont jamais été enregistrés dans le registre de l'état civil à leur naissance et ne possèdent ainsi pas de copie d'acte de naissance. Une situation qui leur ferme toutes les portes et ne leur permettent pas de jouir de leurs droits, comme celui d'avoir accès à l'école.
Tous ces faits sont autant de réalités, 18 ans après la ratification par Madagascar de la convention internationale sur les droits de l'enfant.
Avec la crise que traverse le pays depuis maintenant près d'une année, les conséquences sur les enfants ne sont pas moindres. En témoignent les disparitions d'enfants depuis la crise, les déscolarisations d'enfants faute de moyens des parents qui ont perdu leurs emplois, etc. Une amélioration de la situation générale en matière de droits des enfants à Madagascar n'est peut-être pas envisageable, tant que la crise perdure.

Comments Post a comment