Tête d'affiche de la première édition du Festival du Sahel qui a eu lieu le week-end dernier à Lompoul (Nord du Sénégal), le chanteur Baaba Maal joue une musique qui épouse toutes les sonorités de la sous-région ouest-africaine. Cette zone du Sahel est en proie au phénomène des changements climatiques. Le « roi du Yela », que nos envoyés spéciaux ont rencontré, nous parle de sa musique et des questions liées à l'environnement.
Pourquoi avez-vous accepté de venir jouer à cette première édition du Festival du Sahel ?
« L'idée du Festival du Sahel est très originale. Nous avons besoin de revisiter nos cultures, notre passé, surtout dans la bande du Sahel et en Afrique de l'Ouest, de participer à des festivals et des rencontres de ce genre. Même si les débuts sont parfois timides, il faut commencer par quelque chose. De plus en plus, les musiciens africains vont à l'extérieur pour jouer dans des festivals.
Il faut créer de tels cadres pour qu'ils puissent s'exprimer sur le continent africain, faire de la musique et parler des problèmes de notre environnement. Par exemple, nous sommes tous concernés par le devenir du Sahel et il est bien d'utiliser la musique pour en parler. De nombreuses personnes sont venues assister au festival et, avec les moyens modernes de communication, cette première édition pourra être suivie à l'extérieur et les prochaines seront certainement mieux réussies. En tout cas, le cadre est formidable.
Les organisateurs ont mis tout leur talent afin de construire un environnement où les gens peuvent s'évader, voyager, écouter de la musique et repartir avec des images vraiment inédites dans leurs têtes ».
En parlant du Sahel, est-ce que vous avez eu, dans vos actions de musicien, de leader, à réaliser des projets pour cette zone ?
« J'en chante d'abord. Mon titre « Leeke » incite les gens à aller vers le reboisement et participer à notre manière à lutter contre les changements climatiques.
J'ai été invité par la BBC Word service trace au prochain Sommet de Copenhague pour parler de notre expérience entre termes de changements climatiques et ce qu'on attend de nous, des décideurs afin qu'ils prennent des solutions tenant compte des populations en Afrique.
Nous ne sommes pas responsables à cent pour cent de ce qui se passe, mais nous en subissons les conséquences sans avoir toutes les informations. Et les populations du Sahel sont très dynamiques. Je suis Hal Poular, donc je suis connecté avec les Peuls qui sont affectés par les changements climatiques. J'aimerais bien comprendre pour faire comprendre à ma communauté ce qui se passe, qu'est-ce qu'il faut faire et qu'est-ce que nous attendons des décideurs. Le festival « Les Blues du fleuve » que j'organise chaque année, c'est aussi pour faire de la musique et parler des Objectifs du millénaire pour le développement, car la protection de l'environnement est un des points essentiels des Omd ».
En parlant des « Blues du fleuve », où en êtes-vous dans les préparatifs pour l'édition 2009 ?
« Cette année, cela va se passer du 24 au 26 décembre (à Podor, ndr). Nous avions reporté le festival à cause de l'inauguration du Monument de la Renaissance africaine (prévue le 12 décembre, mais qui aura finalement lieu le 4 avril 2010, ndr). Nous tenons à organiser la 4ème édition de ces « Blues du fleuve » et nous voulons, de commun accord avec les organisateurs des festivals du Sahel, du Niger, du Désert, organiser tout cela dans la même période pour que les étrangers et les artistes qui viendront jouer à Podor puissent se produire également au Niger et repartir. Tout cela en une seule période ».
Qui sont les têtes d'affiches pour l'édition de cette année ?
« Nous aurons de nombreux artistes qui viendront de pays d'Afrique de l'Ouest, comme Ma Kouyaté du Mali ainsi que des musiciens de la Guinée. Nous avons également invité Lama Sidibé, les Espoirs de Konronti ainsi que des artistes de la Mauritanie. C'est d'abord un festival de la sous-région avant de s'ouvrir aux autres aires géographiques. Je vais personnellement inviter des artistes qui ont participé dans mon dernier album « Télévision ». Ce sont des musiciens Ki King Hone, un groupe de Londres, sans oublier des artistes américains ».
Votre single « Télévision » semble marcher très fort en ce moment. Peut-on s'attendre au même succès concernant l'album du même nom ?
« J'aimerais bien en parler davantage lors de la sortie de l'album au Sénégal, c'est-à-dire bientôt. Je vais insister sur la direction musicale de cette production qui a un lien avec tout ce que je veux promouvoir en utilisant la connexion entre Baaba Maal et ses amis qu'il a rencontrés à travers le monde, mais aussi des influences qui sont venues vers moi ».

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