Le thème « Libéralisme et Bonne gouvernance » était, hier, au menu du 3è forum libéral. L'économiste Chérif Salif Sy est largement revenu sur les rapports entre ces deux notions. Selon lui, « il ne peut exister une construction sans idéologie ».
Pour le directeur du projet pour l'Afrique de l'Ouest de la Fondation Friedrich Naumann pour la liberté, « le débat sur la nature du libéralisme est porté moins par les penseurs et acteurs libéraux qui devraient en être les avocats, que par des ignorants en quête de légitimité politique et de reconnaissance sociale ». Werner Nowak l'a dit à l'occasion du forum libéral dont le thème porte sur « Libéralisme et Bonne gouvernance ».
A l'en croire, avec l'avènement de l'économie de marché, s'est mis en place un axe antilibéral, dans lequel communient des forces hétérogènes. Il revient, estime-t-il, aux libéraux de faire sortir le libéralisme qu'il considère comme « le vrai visage de la seule doctrine politique qui aura montré sa supériorité qualitative, quand il s'agit de forger plus de prospérité et de bien-être pour les êtres humains ». Il estime que dans le mot libéralisme, il y a aussi la notion de Bonne gouvernance puisqu'elle permet de lutter contre la pauvreté - un des Objectifs du millénaire pour le développement - ; de mettre en place des mécanismes, obligeant les gouvernants à rendre compte et de montrer en quoi leurs actions et leurs décisions sont conformes à des objectifs précis et convenus ; d'instaurer la transparence, l'efficience, l'efficacité, la réceptivité ainsi que d'autres primauté du droit.
Sous la modération de Me Massokhna Kane, le conférencier, Chérif Salif Sy, est largement revenu sur le thème.
A la suite de son exposé, plusieurs intervenants ont pris la parole. Pour Lamine Ba, coordonnateur du forum libéral, « le libéralisme a mis le travail en avant ». Mieux pour Cheikh Ba, le libéralisme met en avant Dieu, l'homme et la liberté. Yankhoba Seydi estime que l'on n'est pas en phase avec le libéralisme et qu'on a plutôt « un problème de société ».
« Par principe, un Etat libéral est un Etat de bonne gouvernance », a souligné Modou Diagne Fada, mais d'après Ibrahima Sène, qui a beaucoup insisté sur des notions comme la transparence et l'Etat de droit, il faut régler la gestion du pouvoir pour avoir la Bonne gouvernance.
Le conférencier a répondu à toutes les interrogations des intervenants. Pour Chérif Salif Sy « il ne peut exister une construction sans idéologie ». « Un démocrate ne débat pas des questions de souveraineté », a fait remarquer l'économiste, à la suite d'une question sur l'affaire Segura. Toutefois, il estime que « tous les pouvoirs dérivent, mais le problème, c'est de revenir à l'axe, garder le cap ».

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