Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Recréer une synergie interne

Kinshasa — Les conclusions de la dernière rencontre du Club de Paris ont révélé au grand jour le mal permanent dont souffre la République démocratique du Congo, donnant raison au point de vue maintes fois exprimées par la Banque mondiale.

Depuis quelque temps, la RDC peine à améliorer son score dans le rapport Doing Business de la Banque mondiale. Pour son édition 2009, la Banque mondiale présente la RDC comme un pays peu recommandable aux investisseurs. En langage non codé, ce résultat renvoie à dire que le pays n'est pas bon pour investir.

Impossible dans ces conditions d'envisager en toute sérénité un soutien à la croissance à travers le secteur privé.

La création de l'Agence nationale pour la promotion des investissements (Anapi) s'était inscrite dans le cadre de redorer l'image ternie de l'environnement des affaires en RDC. L'Anapi a tenté tant bien que mal d'imposer sa marque. Mais le gouvernement qui devait prendre le relais n'a pas saisi la balle au bond.

Essoufflée, l'Anapi n'est aujourd'hui que l'ombre d'elle-même. Elle s'était cependant proposée de mettre en place, en son sein, un guichet unique en vue de faciliter et d'accélérer les procédures d'agrément pour le démarrage d'une affaire en RDC.

Acculé de toute part, le gouvernement a trouvé en août 2009 la parade en initiant la création, toujours sous tutelle du ministère du Plan, d'une Commission chargé de l'amélioration du climat des affaires. Une copie presque conforme à l'Anapi.

De l'avis du gouvernement, cette commission devrait élaborer une feuille de route pour décrire les actions d'urgence à mettre en oeuvre afin de renvoyer un signal fort aux investisseurs. En effet, avec les nombreuses hésitations qui ont entouré le processus des contrats miniers et le grand coup porté à la crédibilité du gouvernement congolais, la RDC devait se repentir.

La Commission pour l'amélioration du climat des affaires née - d'une certaine manière des cendres de l'Anapi - travaille depuis un temps sous la supervision du ministère du Plan. Sa principale mission : mettre en place des éléments incitatifs nécessaires dans le but de rassurer le monde des affaires. L'on se trouve donc en face d'une structure qui hérite, en tout point de vue, de la mission de l'Anapi.

Ainsi, sans que l'Etat congolais ait déclaré sa dissolution, l'Anapi a rendu le dernier souffle qui la maintenait encore en vie. C'est aujourd'hui une coquille vide à ranger dans les essais et erreurs du gouvernement.

La meilleure approche est celle qui prend tout le système dans son ensemble et non celle qui ne se fonde que sur un secteur isolé, sans nécessairement se référer aux autres domaines qui se greffent dans le monde des affaires.

L'amélioration des affaires doit donc intégrer tous les aspects de la vie nationale, en partant d'une profonde mutation de l'appareil juridique et judiciaire sans laquelle toute autre tentative sera vouée à l'échec. L'ambition d'adhérer à l'Organisation pour l'harmonisation en Afrique du climat des affaires (Ohada) s'inscrit dans ce cadre.

Mais là encore, un vrai débat national doit être engagé pour éviter tous les points de divergences comme ceux soulevés, avec raison d'ailleurs, par le Sénat qui s'est opposé au projet lui transmis en deuxième lecture par l'Assemblée nationale.

Le projet d'assainissement du monde des affaires ne peut être assaini par des à-coups. Il faut une stratégie cohérente, bien intégrée dans un ensemble, avant de parvenir à cette fin.


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