Les préparatifs de l'Aïd El Kébir donnent lieu à une intense activité commerciale dans les foirails, mais aussi dans les marchés et autres grandes surfaces. A quelques jours de sa célébration, le marché prend son élan et c'est la grande effervescence dans les familles musulmanes qui mettent les bouchées doubles pour faire de cette fête un jour de prière, de joie et de partage.
A près de trois jours de la célébration de la fête de la Tabaski, les fidèles de la communauté musulmane de Saint-Louis mettent la main aux derniers préparatifs de l'événement. L'approche de cette fête plonge dans l'angoisse beaucoup de chefs de famille qui sont obligés de se procurer le bélier tant prisé.
Quelques virées au foirail de la Corniche ou dans ces points de vente occasionnels de bétail installés un peu partout dans la ville suffisent pour confirmer l'abondance des bêtes, mais les prix sont loin d'être abordables. Ils grimpent au grand dam des clients qui se font encore désirer. Chez certains vendeurs, ces prix fluctuent entre 50.000 francs pour le bélier moyen alors que celui du plus gros se situe entre 100.000 et 250.000 francs. Des prix largement au-dessus de la bourse de la plupart des Saint-Louisiens. « Les moutons coûtent la tête et les yeux et les prix sont largement au-dessus de nos bourses », se plaint Abdou Diop, qui ne parvient pas à trouver un mouton de sa convenance. De son coté, Fatou Ndiaye, mère de famille habituée des foirails, estime que les moutons sont intouchables. « Les prix ont flambé, même si les vendeurs véreux qui oublient que la Tabaski ne vient qu'une fois l'an le nient. Un mouton dont le prix réel était de 50.000 francs en temps normal est vendu à 100.000 francs », a dit cette dame accompagnée de ses deux enfants. Mais du coté des vendeurs, les clients sont taxés d'être parfois trop « prétentieux ». « Quand on a 30.000 francs et qu'on lorgne des moutons de 75 voire 100.000 francs, c'est illogique », se défend Amadou Kâ, un éleveur.
Les prix continuent de flamber et les petites bourses préfèrent attendre le jour même de la Tabaski pour négocier le prix du bélier.
Du coté des marchés et autres centres d'affaires, les commerçants rivalisent d'ingéniosité pour appâter les nombreux acheteurs. Même si, dans les marchés comme Tendjiguène et Ndar Toute, ce n'est pas encore la grande affluence, les commerçants qui n'ont pas manqué de renouveler leurs stocks guettent à longueur de journée les clients, dominés par la gent féminine. Avec les différents événements qui se sont succédé (la Korité et l'ouverture des classes sont passées par là), les budgets s'en sont retrouvés alourdis.
L'argent est devenu introuvable. Mais, vue la place importante qu'occupe la fête de Tabaski dans la vie de tout musulman, d'aucuns sont prêts à s'endetter jusqu'au cou pour satisfaire les désirs de leur famille », confie S. Diop, un enseignant du moyen. Toutefois, quand bien même l'argent n'a pas coulé à flot, comme l'aurait souhaité la majorité des populations, chacun trouve son compte. Car, estime les vendeurs, tout client trouvera de la marchandise à la hauteur de sa bourse.
Les couturiers sont également très sollicités. Nombre d'entre eux ont perdu le sommeil depuis une dizaine de jours, dans le seul but de pouvoir satisfaire leurs nombreuses commandes. Les modèles de femmes et d'enfants restent les plus demandés pour la circonstance. « L'affluence est très grande, malgré le manque d'argent. Grâce à Dieu, on est dans les délais, puisqu'une trentaine de tenues attendent d'être récupérées par leurs propriétaires », a indiqué A. Diaw, un tailleur qui évolue dans le secteur depuis plus de 20 ans, qui ajoute : « je dois préciser que chez nous, on a arrêté de prendre de nouveaux tissus de peur de ne pouvoir satisfaire les clients ».

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