Le Soleil (Dakar)

Sénégal: La Jica engage la bataille des infrastructures

Présente dans le Sénégal des profondeurs depuis près de 30 ans, l'Agence de coopération internationale du Japon au Sénégal (Jica) entend désormais accorder la priorité au secteur névralgique des infrastructures. Elle l'a fait savoir au cours d'une tournée de presse qui a permis de constater de visu ses différentes réalisations dans les domaines de l'éducation, de l'hydraulique rurale, de la santé, de l'agriculture et de l'assainissement.

Le représentant-résident de la Jica au Sénégal, M. Okubo Hisatoshi, qui vient à peine de boucler ses six mois dans notre pays, annonce d'ores et déjà que l'agence va affecter une plus grande part de son budget à la réalisation d'infrastructures de base comme les ponts ou les hôpitaux. Le budget que la Jica consacré au Sénégal passe d'ailleurs de 40 millions de dollars (environ 16 milliards de Fcfa) à 80 millions de dollars (environ 32 milliards Fcfa). Cette nouvelle approche a été du reste facilitée par la récente fusion de la Jica avec une banque japonaise de renom. Ce qui lui permet ainsi de rehausser le niveau des financements des projets en milieu rural et périurbain.

En fait, la visite de presse a permis de constater l'impact de l'intervention japonaise surtout dans le secteur de l'éducation. C'est le cas de Louga qui abrite la première phase du Projet d'amélioration de l'environnement scolaire (Paes) d'une durée de trois ans et d'un coût de 1,08 milliard de Fcfa.

Le ministère de l'Education, en partenariat avec la Coopération japonaise, a ainsi monté des comités de gestion d'écoles élémentaires. C'est ainsi qu'on assiste à de meilleurs résultats scolaires dans les zones couvertes par le projet, à en croire Papa Mbaye, l'inspecteur départemental de l'Enseignement élémentaire de la capitale du Ndiambour. Même cas de figure du coté de l'Unité 21 Parcelles assainies où la Jica, à travers le projet d'aménagement

de l'école Para, a construit une bibliothèque et un bloc sanitaire composé de 12 toilettes et un mur de clôture. Pour sa part, le village de Moukh Moukh, Communauté rurale de Thiamène, dans le département de Louga, abrite le Projet de développement rural durable (Pdrd) d'un coût de 2 milliards Fcfa.

Selon Mme Fatou Fall, une bénéficiaire du projet et patronne du Groupement de promotion féminine de la contrée, le projet leur a octroyé un champ-école sur d'importantes superficies. Ce qui leur a permis de procéder aux bonnes pratiques en matière de cultures de carottes, de navets, d'aubergines ou de salade. Une unité de transformation du lait existe aussi sur place. Le seul hic pour les femmes transformatrices a trait à l'accès au ferment. Ce projet des femmes de Moukh Moukh est inspiré d'un prêt similaire qui a été lancé au profit des 1.000 femmes transformatrices de poissons de Guet-Ndar à Saint-Louis. Sur place on les a trouvé en pleine activité autour des 54 fours que les Japonais ont financé pour la transformation des produits halieutiques. C'est le projet de renforcement des capacités des femmes et des enfants qui les encadre. Là, la Jica travaille en parfaite intelligence avec le service régional des Pêches de Saint-Louis.

Deux classes d'alphabétisation ont été construites pour les adultes, de même qu'un vaste espace de loisirs pour les enfants de ce quartier populeux de vieille cité. Une initiative très appréciée par les populations locales car à Guet-Ndar le taux de scolarisation est très faible. Il n'y a que deux écoles élémentaires et la plupart des parents rechignent à envoyer leur progéniture à l'école préférant les initier aux lucratives activités de pêche. Autre étape importante, celle effectuée à la Société d'aménagement et d'exploitation des terres du Delta (Saed). Ici l'expert japonais en riz M. Sugiyama abat un travail colossal pour la réalisation de périmètres rizicoles et l'amélioration sensible de la quantité et surtout de la qualité de la production du riz local. L'objectif est lié à une autosuffisance en riz à l'horizon 2012 avec à la clé un million de tonnes de riz blanc. Ce qui est dans les cordes des producteurs qui ont réalisé une production de 350.000 tonnes en 2008.


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