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Congo-Brazzaville: De nouvelles vagues de réfugiés fuient de récents combats

Brazzaville — La reprise de combats dans le nord-ouest de la République démocratique du Congo (RDC) a engendré de nouvelles vagues de réfugiés, laissant des villages jonchés de cadavres dans la région concernée et désertée.

On estime qu'une centaine de personnes sont mortes lors d'affrontements liés à la question des droits de pêche dans le district du Sud Oubangui, qui se trouve dans la province de l'Equateur en RDC. D'autres personnes se seraient noyées en traversant la rivière Oubangui, qui sépare les deux Congo.

« [Le 20 novembre], nous avions 30 600 personnes déplacées. Nous avons eu un afflux massif depuis [le 19 Novembre] à cause de la reprise des combats », a dit à IRIN Rufin Mafouta, responsable de l'organisation non gouvernementale (ONG) Médecins d'Afrique à Impfondo, la ville principale de la région de Likouala, dans le nord de la République du Congo.

Likouala se situe à 800 kilomètres au nord de la capitale, Brazzaville.

« La semaine [précédente], nous avions 24 000 réfugiés. Le chiffre a rapidement augmenté à cause de la reprise des combats dans les villes et les villages en RDC », a dit M. Mafouta.

Les conditions [de vie] sont difficiles pour les réfugiés.

« Ils sont exposés au mauvais temps », a dit M. Mafouta. « Les conditions sanitaires demeurent inquiétantes. Nous avons enregistré des cas de diarrhées et d'infections respiratoires sévères et des maladies de peau parmi les enfants ».

« A Eboko, nous avons fait une évaluation et nous avons vu qu'il y avait beaucoup d'enfants qui n'étaient pas accompagnés. Ils avaient perdu leurs parents », a-t-il ajouté. « Il y a aussi beaucoup de femmes enceintes ».

Selon une mise à jour du 18 novembre du Bureau pour la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies (OCHA) à Kinshasa, quatre enfants sont morts de diarrhées à Eboko.

Une récente mission inter-agences dans les villages de Dongo, Tangala, Ozenee et Kungu dans le district du Sud Oubangui a trouvé le village de Dongo déserté, avec des cadavres éparpillés dans les rues, selon le rapport d'OCHA.

Des maisons, des magasins et d'autres biens ont aussi été brûlés. Les policiers congolais déployés dans la zone craignent pour leur santé.

Parmi les réfugiés se trouvent des membres de la marine de la RDC, qui patrouille sur le fleuve Oubangui.

« Nous avons été forcés de fuir avec nos familles parce que nous n'avons pas d'armes ni de munitions [pour] nous protéger nous-mêmes », a dit Wazaba Paluku, un sergent, à IRIN, dans le village de Dongou en République du Congo, où les marins se sont réfugiés dans un commissariat.

Soixante-dix pour cent des réfugiés sont des femmes et des enfants, 25 pour cent sont des jeunes, et le reste est constitué de personnes âgées, selon Boubacar Ben Diallo, responsable de l'unité de crise du Haut commissariat des Nations Unies aux réfugiés (UNHCR).

Des hôpitaux ont signalé avoir reçu des gens avec des blessures par balles et machettes.

Esther Kirongozi, ambassadrice de la RDC en République du Congo, a dit que son gouvernement avait récemment demandé la création d'une commission spéciale pour trouver une solution durable à la crise.

Les autorités de la RDC ont aussi lancé un appel pour que leurs citoyens rentrent au pays.

Des agences d'aide ont récemment distribué 15 tonnes de nourritures et d'autres biens comme des moustiquaires imprégnées, des marmites, des jerrycans pour l'eau et des couvertures aux réfugiés à Betou, Boyele, Dongo et Impfondo d'après une mission conjointe d'évaluation des Nations Unies et du gouvernement de la République du Congo.

« La [donation] est insuffisante mais nous avons été obligés de [la] distribuer, [en attendant] une autre aide », a noté M. Diallo de UNHCR.

Selon la police, certains réfugiés rentrent dans leur village en RDC de l'autre côté du fleuve Oubangui, pour faire leurs récoltes avant de retraverser pour retourner en République du Congo.


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