Niokolo Koba — Les populations riveraines du parc national de Niokolo Koba (PNNK) ne sont pas contre sa privatisation, mais souhaitent leur implication dans ce processus, a déclaré Madi Ndiaye, conseiller rural de Dialacoto et président de l'Association des guides de Tambacounda.
"Avant toute chose, il faut qu'on soit préparé. Nous voulons faire partie de ceux qui sauvent le parc", a dit M. Ndiaye en marge d'une visite de presse organisée du 19 au 22 novembre au PNNK par le Groupe Recherche Environnement et Presse (GREP) pour attirer l'attention des autorités locales, des ONG et des populations sur la nécessité de sauvegarder ce poumon naturel et économique.
La collaboration existe entre les populations et les autorités du parc, mais il reste beaucoup de choses à faire, a poursuivi Madi Ndiaye.
Le témoignage de Tine Makalou illustre parfaitement cette réalité. Cet homme a vécu une partie de son enfance dans le parc, précisément à Badi. Mais en 1976, il sera déplacé avec tout le reste du village à la périphérie de la réserve. "Pourtant, mon père fait partie des premiers agents du parc", rappelle-t-il.
"J'ai vécu cette expulsion au temps de Senghor. Au temps de Dupuis (le premier conservateur du parc), des centaines de personnes sont recrutées pour l'aménagement des pistes. Maintenant, ce n'est plus le cas", dit-il, nostalgique.
Neuf communautés rurales ceinturent le Niokolo Koba qui a obtenu son statut de parc national en 1954 pour conserver et protéger la faune et la flore menacées.
Pour les besoins de la conservation, des villageois sont déplacés en 1969 des terres qu'ils occupaient depuis des siècles et relogés à la périphérie du parc. Cependant, depuis quelques années, les autorités du parc veulent rectifier le tir en impliquant les populations dans sa gestion.
Selon le chargé de la lutte anti- braconnage, lieutenant Alioune Badara Guèye, 'le PNNK a un bureau périphérique chargé de la sensibilisation des populations. Son objectif est également de les organiser pour une meilleure amélioration de leurs conditions de vie avec les retombées de la conservation".
C'est le cas du Programme intégré de gestions des écosystèmes du Sénégal (PGIES) qui intervient à la périphérie du parc, notamment au village de Diénou Dialla.
Le chef du village, Fanta Madi avoue que, grâce au PGIES et au PROGEDE, les populations ont pu développer des activités rémunératrices de revenus. Le parc vient également, dans le cadre de la réhabilitation de ses pistes, recruter des manÅ"uvres. En retour, ils sont autorisés à prélever des herbes et des bambous qui serviront à la construction de leurs habitats.
Dans le cadre de l'écotourisme, on permet aussi aux villages d'exploiter des campements à l'intérieur du parc.
"Ce sont des éléments qui peuvent contribuer à la conservation du parc. Ces campements contribuent au bon séjour des touristes',' a estimé le conservateur du PNNK, le commandant Samuel Diémé.
"Les trois dernières années, les choses marchaient très bien. Maintenant, il y a beaucoup de campements dans le parc, et cela crée une concurrence entre les exploitants", a regretté Tamba Konté, un notable du village de Diénou Dialla. La saison touristique démarre le 15 décembre et dure six mois.
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