Le Phare (Kinshasa)

Maroc: Le Maroc propose l'autonomie du Sahara Occidental

Il y a trente-cinq ans des foules des populations marocaines organisaient une marche dite verte en direction du Sahara Occidental dans le but de récupérer ce vaste territoire que le colonisateur espagnol venait d'abandonner à son triste sort. Cette marche dite verte avait été organisée à l'appel du Roi HASSAN II aujourd'hui rappelé auprès du Très Haut. Un appel qui avait galvanisé des foules nombreuses de marocains, tous âges et sexes confondus, qui ont bravé ce désert avec comme seule arme le drapeau national et le ferme désir de rétablir la vérité historique.

Une délégation de la section congolaise de l'Union de la Presse Francophone a effectué une tournée dans cette partie du désert du Sahara pour palper du doigt les réalités de ce vaste territoire dépourvu du pétrole mais où l'eau coule à flots grâce à l'ingéniosité des techniciens et ingénieurs marocains. De l'eau et de l'électricité 24 heures sur 24 dans le désert, en plus de cultures vivrières telles des légumes, des tomates et des fruits exotiques que l'on retrouve facilement dans les pays tropicaux poussent merveilleusement pour le bonheur des habitants locaux et des visiteurs étrangers très nombreux pour des randonnées dans ce désert et sur les côtes pour des sports nautiques.

La marocanité du Sahara Occidental

Cette question est toujours d'actualité car elle continue d'affecterles relations entre Rabat et Alger. A qui appartient ce vaste territoire ? Pour la Maroc, il faut interroger l'histoire faite de multiples migrations depuis des millénaires. La réalité sociologique plaide en faveur du Royaume Chérifien. Non seulement des tribus de cette partie du continent africain ont toujours fait allégeance au Roi du Maroc mais en plus tout au long de la guerre de libération, ce sont des résistants sahraouis qui ont combattu contre le colonisateur espagnol au nom du Roi du Maroc. Pour preuve, le père géniteur de celui qui se proclame Président de la République Arabe Sahraouie Démocratique est un ancien résistant pendant la colonisation avant de devenir officier dans l'armée royale marocaine et continue à résider dans le territoire national.

Dès 1960, feu le Roi Mohamed V avait déjà introduit une requête à l'ONU pour revendiquer ce territoire en insistant sur des éléments tirés de l'histoire, de la sociologie, de la géographie et de la politique. Celui qui s'exprime ainsi se nomme Belkkar Sidi Ahmed. Il trimbale une carrière riche de haut fonctionnaire pendant la période coloniale espagnole et il a été élu président du Conseil Consultatif local. Les tribus sahraouies vivent à cheval entre le Maroc, la Mauritanie et le Mali. Elles circulent à l'aise car elles ne connaissent pas les frontières politiques. Le conflit actuel n'intéresse pas les Sahraouis, soutient-ils. Il a été créé de toutes pièces par l'Algérie qui voudrait obtenir une fenêtre sur l'Océan Atlantique par le truchement de ce mouvement politico militaire du POLISARIO. Les peuples marocain et algérien sont frères, car ils parlent la même langue, pratiquent l'Islam et sont condamnés à vivre côte-à-côte ad vitam aeternam. Les Sahraouis veulent vivre dans un Grand Maroc et non dans des poches touristiques, a-t-l souligné.

Ni vainqueur ni vaincu

Pour sa part, le Wali ou le Représentant du Roi dans la Région de Dakhla est revenu avec force détails sur la marocanité de ce vaste territoire. Tout d'abord, il a retracé l'histoire des populations sahraouie depuis des millénaires avant de donner la position politique de son pays. Une position qui prône l'autonomie comme voie de sortie honorable pour les deux protagonistes, à savoir le Maroc et l'Algérie.

Le Roi Mohamed VI a pris une décision courageuse en proposant l'autonomie de ce vaste territoire. Une solution tirée des expériences espagnole, belge, allemande pour régler définitivement cette question qui déchire le Maroc et son voisin, l'Algérie, alors que le monde s'achemine vers de grands ensembles du genre le Maghreb et l'Union Africaine. Ce plan d'autonomie a été présenté à l'ONU qui l'a immédiatement adopté. Le Conseil de Sécurité a déclaré que la proposition marocaine est plus crédible et sérieuse car elle présente une chance unique du règlement pacifique de cette question. Or, au départ, c'est la solution sociologique qui avait été retenue, mais malheureusement, l'Algérie s'y était opposée sans pour autant proposer une variante devant aboutir à un consensus. L'autonomie permet aux élus des populations locales de diriger les institutions politiques locales, notamment le Conseil Consultatif, la Justice et le gouvernement local ainsi que toutes ses entités rurales et urbaines.

Tout au début de cette crise, les Nations Unies avaient présenté un plan articulé en quatre points, à savoir le Cessez-le feu, la définition d'un corps électoral, l'identification et enfin le référendum. Dans l'esprit des dirigeants Algériens, il s'agissait de recourir au Référendum d'autodétermination. Malheureusement, cette solution s'était buttée à une difficulté de taille, à savoir la définition du corps électoral. Du côté marocain, l'on avait relevé que les mouvements migratoires incessants de ces populations qui ne connaissent pas les frontières car vivant à cheval sur trois pays, à savoir le Maroc, la Mauritanie et le Mali n'allaient pas faciliter la tâche lors du recensement. Cette position avait fini par être adoptée par l'ONU qui avait conclu qu'il était impossible de définir le corps électoral. Ainsi donc, faute d'une solution référendaire, le Maroc avait proposé la logique de la résolution politique qui est de nature à aboutir à un consensus. Le plan d'autonomie repose sur des principes universellement reconnus et tirés des expériences belge, espagnole et allemande. Une évolution qui va dans le sens de l'histoire et des intérêts de l'Afrique. Elle permet aux deux parties et particulièrement à l'Algérie de sauver la face pour avoir beaucoup investi dans ce dossier.

Au moment où l'intégration régionale est à la mode, il est dommage que l'Algérie continue à rêver d'un Etat de moins de 100.000 habitants au sud du Maroc, s'est indigné le Chef de la Région d'Oued Eddahab Lagouira dont la capitale est située à Dakhla. Même son de cloche du côté du gouverneur de la province de Laâyoune dans la Région du même nom qui a enfoncé davantage le clou en rappelant à haute voix que tous les Etats africains vivent dans un contexte multiethnique que l'acharnement algérien menace de rompre, ce qui peut aboutir à la désintégration de tout le continent.

La RASD : un rêve irréalisable

Aucun membre du Conseil de Sécurité de l'ONU n'a jamais reconnu cette soit-disant république, il en est de même pour tous les pays de la Ligue Arabe. Certains pays africains qui avaient été emballés par la propagande algérienne ont effectué un revirement spectaculaire en retirant sans délai leur reconnaissance de sorte que l'Union Africaine éprouve tout le mal du monde pour confier aux représentants de cette 'république' des missions quelconques, a-t-il indiqué.


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