Sénégal: Tambacounda - Quelque 220.000 personnes profiteront indirectement d'un programme d'eau et d'assainissement (ONG)

Quelque 220.000 personnes réparties entre 16 communautés rurales de la région de Tambacounda, bénéficieront à long terme d'un programme d'accès à l'eau potable et à l'assainissement initié par l'ONG Eau vive, a annoncé mercredi Antoine Eklou, directeur pour le Sénégal de cette organisation.

"Les bénéficiaires finaux sont l'ensemble des populations des 12 communautés rurales (devenues 16 avec le nouveau découpage administratif), soit environ 220.000 personnes qui bénéficieront à long terme indirectement de l'action", a indiqué M. Eklou lors d'un atelier de plaidoyer sur le thème : "Adaptation du service public de l'eau au contexte de la décentralisation".

Le programme vise à contribuer à la réduction de la pauvreté, à l'amélioration du cadre et des conditions de vie des populations démunies, à travers le renforcement du pouvoir d'action des acteurs locaux, l'amélioration de l'accès durable à l'eau potable et de meilleures conditions sanitaires, a indiqué Antoine Eklou.

La cérémonie d'ouverture de la rencontre a été présidée par l'adjoint au gouverneur, Abdourahmane Ndiaye. Les présidents de conseils ruraux, des représentants des associations d'usagers de forages (ASUFOR), groupements de femmes des communautés rurales concernées par le programme y ont pris part. Le conseil régional, les services techniques, les sous-préfets et le préfet de Koumpentoum étaient aussi présents.

L'ensemble des groupes ciblés dans un premier temps par le programme lancé en 2008 pour une durée de trois ans, sont estimés à 73.000 personnes, a relevé le responsable d'Eau vive au Sénégal.

"La stratégie d'action est fondée sur l'initiative locale des collectivités locales et la responsabilisation de tous les acteurs concernés", a-t-il signalé.

"Le taux de couverture en eau potable est encore faible, il est de 20 à 45% selon les zones", a relevé le directeur pays de l'ONG Eau Vive, selon qui, le diagnostic de référence réalisé en 2005, révèle que les communautés rurales concernées par l'action, cible une population de 220.000 habitants.

Cette population dispose, d'après lui, d' "environ 77 puits hydrauliques et de 65 forages qui alimentent, pour la plupart des cas, des réservoirs au sol".

Les principales contraintes dans ce domaine sont l'insuffisance de forages, les réservoirs au sol, limitant l'extension des réseaux vers d'autres villages (sur les 65 forages, 49 ont leurs réservoirs au sol).

Il s'y ajoute les pannes fréquentes de certains systèmes d'exhaure, le tarissement précoce de certains puits (près de 60% des puits tarissent à partir de févier et mars de chaque année).

La grande profondeur des puits qui vont de 30 à 75 mètres, leur ensablement, en raison du système d'exhaure à traction animale, l'inadéquation du mode de gestion des forages, ou des dysfonctionnements dans la tenue de certains d'entre eux, font également partie des contraintes citées par Antoine Eklou.

Concernant l'assainissement autonome, "moins de 20% des ménages en zone rurale ont accès à un système adéquat d'évacuation des excrétas et des eaux usées", a-t-il noté.

Il a précisé que face à cette situation, les conseils ruraux, les représentants villageois et d'organisations communautaires de base, les associations d'usagers de forages, les groupements de femmes de 16 communautés rurales se sont mobilisés pour "changer les conditions alarmantes à travers un programme d'accès à l'eau et l'assainissement dans leur milieu", a-t-il relevé.

Ce programme s'inscrit dans un "esprit de pérennisation des acquis, de manière à rendre plus autonomes les acteurs locaux qui, suite au renforcement de leurs capacités organisationnelles et techniques, seront en mesure de valoriser ces acquis et de changer les comportements des populations", a dit M. Eklou.

Abdourahmane Ndiaye, tout en se félicitant du choix du thème de la rencontre, a lancé un appel pour l'implication d'autres acteurs dans le service de l'eau en milieu rural, afin de résorber le déficit d'accès à l'eau potable dans la région.

Il a souligné que les collectivités ont des compétences générales parmi lesquelles la problématique de l'eau occupe une place importante. D'où une nécessité d'adapter la politique de gestion de l'eau. L'adjoint au gouverneur a jugé nécessaire d'arriver à une coordination des actions des ONG qui interviennent dans le même domaine pour un meilleur accès à l'eau potable.


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