Kinshasa — Depuis hier mardi, à la Cour pénale internationale (CPI), s'est ouvert le procès de deux seigneurs de guerre. Il s'agit de Germain Katanga et Mathieu Ngudjolo. Ils sont accusés d'esclavage sexuel, de viol, d'enrôlement d'enfants soldats, d'attaques contre les civils, d'homicide intentionnel, de destruction des biens et pillage.
Ces faits se sont déroulés en Ituri, dans la province Orientale où des milices se sont distinguées par une violence sans précédent, provoquant mort d'hommes et des milliers de déplacés. 345 victimes seront entendues et demandent déjà réparation.
C'est le deuxième procès qui vient de s'ouvrir à la Haye impliquant des ressortissants de la RDC, après celui de Thomas Lubanga, toujours en cours. Le dossier n'est pas encore clos pour autant qu'il existe d'autres dossiers en instance d'instruction. Les procès pourront s'ouvrir bientôt.
L'importance de ces procès n'est plus à démontrer dès lors qu'ils sont liés aux crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Ces crimes imprescriptibles dévaluent l'homme, l'aliènent et détruisent toute la société universelle. Autant dire qu'ils sont suivis avec beaucoup d'attention par toutes les Nations, et particulièrement la République démocratique du Congo qui a vécu une tragédie et dont les effets se font sentir jusqu'à ce jour.
Ces procès consacrent la lutte contre l'impunité pour préserver la dignité humaine, mettre hors d'état de nuire tous les seigneurs de guerre et des bandits de grands chemins, afin de permettre à tous les citoyens du monde, particulièrement les Congolais, de jouir de leur liberté.
En effet, après les tribunaux spéciaux sur l'ex-Yougoslavie, le Rwanda, la CPI pourrait servir de tremplin dans cette perspective de la mise en place d'un Tribunal pénal international pour la République démocratique du Congo.
Cela est d'autant plus vrai que les atrocités, les crimes commis en RDC ne se limitent pas seulement aux viols, à l'enrôlement des enfants soldats, mais aussi à des pillages systématiques des richesses congolaises. Des crimes économiques à grande échelle ont été commis sous des prétextes politiques et sécuritaires fallacieux.
Voilà pourquoi le déroulement positif de ces procès doit ouvrir d'autres opportunités judiciaires dans le but de juger aussi les « criminels économiques », toutes nationales confondues. C'est la condition sine qua non d'un véritable retour à une paix durable en République démocratique du Congo et dans la région de l'Afrique des Grands Lacs.
Nul ne peut bénéficier d'une quelconque immunité. L'heure a donc sonné pour honorer la mémoire des 5 millions de Congolais tués. Et ce, pour mettre effectivement un terme au règne des « seigneurs de guerre ». Alors, accusés, présentez-vous à la barre !

Comments Post a comment