Midi Madagasikara (Antananarivo)

Madagascar: Blanchiment d'argent - Un système de vigilance sur les ventes de véhicules doit être mis en place - Le secteur automobile à risque

Dans le cadre de la lutte contre le blanchiment d'argent, le SAMIFIN a organisé hier une séance d'information pour les concessionnaires de voitures neuves de la Capitale.

L'objectif consiste à leur faire connaître le mécanisme et l'impact du système anti-blanchiment d'argent ainsi que les obligations des opérateurs économiques afin de contribuer à cette lutte. En effet, le secteur automobile est également à risque, a déclaré Razaranaina Jean-Claude, le directeur général de SAMIFIN lors de cette séance d'information.

Réforme de la loi

Selon la recommandation du Groupe d'Actions Financières Internationales (GAFI), les concessionnaires automobiles ont une obligation de déclaration de soupçon auprès des entités compétentes car ils réalisent des opérations de capitaux. Il s'agit d'une référence sur le système anti-blanchiment d'argent reconnu sur le plan international. Il faut aussi rappeler que toute transaction commerciale d'une valeur de plus de Ar 10 millions ne doit jamais être effectuée en espèces, selon la loi. Mais une réforme de la loi en vigueur s'impose afin de citer expressément les concessionnaires de voitures neuves car seuls les établissements financiers sont tenus à faire des déclarations de soupçon, a expliqué le directeur général de SAMIFIN. Les opérateurs issus des filières pierres précieuses et or car ce sont également des secteurs vulnérables au blanchiment d'argent, a-t-il poursuivi.

Vente de voitures d'occasion

Les opérateurs au niveau du secteur automobile ont été ainsi incités à mettre en place un système de vigilance. Le SAMIFIN leur a exposé à titre d'illustration que un fonctionnaire achetant un véhicule neuf coûtant les yeux de la tête alors que son salaire ne lui permet pas d'en acquérir provoque des soupçons. D'autant plus qu'il y a des personnalités politiquement exposées sous la surveillance de cette entité qui lutte contre le blanchiment d'argent. De leur côté, les concessionnaires ont saisi cette occasion pour exposer le cas de la vente à l'informel des voitures d'occasion qui leur porte préjudice avec une baisse de 50% de leur chiffre d'affaires cette année. Le directeur général du SAMIFIN de souligner que ce secteur informel est aussi vulnérable au blanchiment d'argent. Notons que la direction du Contrôle Technique, le service d'immatriculation et la gendarmerie nationale ont participé à cette séance d'information dans le but de trouver une forme de partenariat visant à contribuer à cette même lutte.


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