Le Soleil (Dakar)

Sénégal: Transport urbain à Mbour - La charrette est au coeur du trafic

Pour quitter le centre-ville de la commune de Mbour afin de se rendre à Saly Niakh Niakhal, le client peut effectuer ce trajet par charrette. A l'intérieur même de l'espace communal, plus de cinq lignes desservant différents quartiers de la ville de Mbour sont empruntées du matin au soir par ces charrettes à traction cheval. Ce ne sont pas seulement les dames qui se rendent au marché qui choisissent ce mode de transport à Mbour, mais surtout les élèves.

Ces derniers qui doivent se rendre à leurs établissements scolaires disséminés partout dans la commune préfèrent prendre les charrettes plutôt que les véhicules communément appelés clandos. Abibatou Sarr, une fille au fleur de l'âge, pleine de vie et bien moulée dans une minijupe jaune moutarde et une veste sport de la même couleur, la blouse de son école accrochée au bras gauche, devise tranquillement avec d'autres camarades, toutes bien mises dans leurs accoutrements à la mode, au garage des calèches du quartier Grand Mbour, situé sur l'axe qui mène au centre de santé. Un endroit que les calèches partagent avec les clandos. Il était un peu plus de treize heures, le soleil dardait ses rayons sur Mbour ; il faisait chaud, mais l'arrêt grouillait de monde.

Un débat assez intéressant sur la citoyenneté fut l'objet de la conversation de ce groupe d'élèves qui a, dès mon arrivée sur ce garage mixte, attiré mon attention. Profitant de la conversation, j'ai voulu savoir ce qu'ils attendaient pour rentrer. Et Abibatou Sarr, sourire aux lèvres, de lancer tout de go que ses camarades d'école et elle ont déjà payé leurs tickets pour s'installer à bord d'une charrette. Ils attendent juste que le responsable de l'espace charrette finisse de faire le compte avec le conducteur de la charrette. Selon elle, c'est un moyen usager de transport dans le panorama de la ville touristique de Mbour. « Nous payons 50 francs pour le service ; c'est économique et assez rapide pour nous permettre d'arriver chez nous à temps pour déjeuner, nous reposer un peu et retourner prendre tranquillement nos cours dans l'après-midi », ajoute-t-elle. Sidi Sow, un autre élève, souligne qu'ils ne nourrissent aucun complexe à prendre la charrette pour se rendre à l'école ou aller faire d'autres courses, au besoin. « C'est un moyen de locomotion bien ancré dans les moeurs à Mbour », confie-t-il.

Une idée largement partagée par Pierre Dioh, gérant du dit garage, qui affirme qu'une journée sans charrette dans la ville de Mbour sera durement ressentie par la majorité des populations qui, malgré la vocation touristique de la ville, disposent de revenus encore très modestes. « Or, avec 50 F payés à une charrette, les dames peuvent se rendre au marché et pas mal de personnes qui travaillent à Saly Portudal utilisent ce moyen de transport pour économiser », soutient Pierre Dioh. Selon lui, depuis cinq ans, il dirige l'arrêt de Grand Mbour. Revenant sur le métier de conducteur de charrette largement dominé par des jeunes venus du Saloum, il révèle que ceux qui sont employés par des tiers versent entre cinq et six mille francs/jour, s'acquittent de leur taxe communale fixée à 250 francs chaque matin ou un forfait mensuel de 3500 francs.


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