La capitalisation des résultats de la 3ème conférence mondiale sur le climat et la mise en place d'un comité national de suivi et d'évaluation sont, entre autre, des axes des travaux de la journée de restitution qui s'est tenue hier à Dakar.
Devant la menace imminente des effets du changement climatique sur la planète, « l'anticipation au-delà de la prévision est l'attitude la meilleure à prendre », a dit le Secrétaire général du ministère de la Coopération internationale, de l'Aménagement du territoire, des Transports aériens et des Infrastructures, Boubacar Camara.
« Il va falloir faire des prévisions météorologiques sur de longues durées. Ce qui nécessite une adaptation de nos services aux nouvelles technologies du moment », a ajouté M. Camara. Il a noté la décision prise par les autorités d'accroître les moyens de la Météorologie nationale, afin d'augmenter les performances de ses services. Il s'agira, selon lui, de sceller un partenariat durable entre le fournisseur des services de météorologie et les populations, afin que des projets viables soient conçus pour atténuer les effets du changement climatique.
La journée de restitution tire sa raison de la volonté du ministre d'Etat, Karim Wade, à partager les résultats de la 3ème conférence mondiale sur le climat (du 31 août au 4 septembre 2009 à Genève) avec les acteurs nationaux, a expliqué le directeur général de l'Agence nationale de la Météorologie du Sénégal, Mactar Ndiaye.
Actions concertées
Un partage qui est aussi, à l'en croire, une forme de sensibilisation du grand public, des décideurs, des utilisateurs et des médiats, sur l'utilisation de l'information climatologique comme ressource pour le développement.
Mactar Ndiaye a indiqué que la 3ème conférence s'est déroulée en deux étapes. La première a instauré un débat scientifique montrant les progrès accomplis par les services de prévision et d'information climatologiques... et une seconde, celle politique, qui a abouti à la mise en place d'un cadre mondial de services climatologiques.
C'est d'ailleurs, cette approche scientifique de la gestion du phénomène de changement climatique qui a permis de faire des prévisions sur l'élévation moyenne annuelle du globe de 0,2°C par décennie au cours des deux prochaines décennies, pour atteindre 1,1°C à 6,4°C d'ici à 2100. Il en est de même de l'élévation du niveau de la mer entre 18 et 59 centimètres avec des évènements extrêmes plus fréquents (sécheresses, inondations et vagues de chaleur, érosion côtière et avancée de la mer...). Mactar Ndiaye, en prélude aux travaux, a préconisé, d'une part, la nécessité d'avoir des actions concertées dans le domaine de la recherche à tous les niveaux qui tiennent compte des besoins des usagers ; la densification des réseaux d'observation météorologique et climatologique ; enfin, l'amélioration des modèles régionaux et locaux de prévisions climatiques.
C'est pourquoi, il a salué la mise en place prochaine du cadre mondial pour les services climatologiques qui va permettre à l'Afrique de combler l'important gap dans le domaine de l'observation systématique et de la modélisation climatique lors du sommet prochain de Copenhague, en l'intégrant, propose-t-il, parmi les axes prioritaires devant bénéficier de financement. Alioune Ndiaye, directeur du bureau régional pour l'Afrique de l'Organisation météorologique mondiale et Bouri Jean-Victor Sanhouidi, le représentant-résident du Pnud, ont tour à tour dit l'engagement de leurs structures à soutenir les efforts des Etats dans le cadre de la lutte contre les effets du changement climatique.

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