Wal Fadjri (Dakar)

Sénégal: La société sénégalaise des phosphates de Thiès interdite d'exploitation de chaux - Les syndicalistes demandent à l'Etat de revoir sa position

Parce qu'elle avait pris des libertés avec le Code minier, la Société sénégalaise des phosphates de Thiès (Sspt) avait été sanctionnée par les autorités qui lui interdit d'exploiter de la chaux sur le site de Lam Lam. Une sanction trop sévère, aux yeux des syndicalistes membres de la Cnts/Fc qui sont échaudés par les conséquences prévisibles d'une telle décision.

La section syndicale de la Cnts/Fc de la Société sénégalaise des phosphates de Thiès (Sspt) ne désespère pas de voir l'Etat sénégalais revenir sur l'acte par lequel il a interdit la poursuite des activités d'exploitation du phosphate de chaux sur le site de Lam Lam. Selon Abass Cisokho, secrétaire général de ladite section syndicale, avec l'entrée en vigueur de cette décision, la Sspt a arrêté toute exploitation de chaux à Lam Lam et le dernier bateau transportant ce minerai a été chargé le lundi 16 novembre. Une situation qui sera, selon lui, lourde de conséquences aussi bien en termes de perte d'emplois, puisque les travailleurs évoluant sur le site vont être licenciés, que de prise en charge sociale. Parce que le responsable syndical ne s'attend pas à ce qu'une société qui a arrêté ses activités dans un site, continue d'accompagner socialement les habitants de la localité. Et l'évidence est qu'une mise à terme de cet accompagnement va peser lourdement sur la vie des populations de la cité de Lam Lam et des villages environnants qui disposaient d'un poste de santé, d'une école élémentaire pour leurs enfants, d'un car de transport pour amener les femmes au marché, d'un autre pour le transport des élèves, sans compter un accès gratuit à l'eau et à l'électricité. Tous avantages que les populations devraient perdre si l'Etat ne revient pas sur sa décision d'interdiction.

Ces craintes du responsable syndical sont largement partagées par les populations venues prendre part à la réunion d'information à laquelle les avaient conviées les syndicalistes. Elles seront unanimes à reconnaître que l'arrêt de cet accompagnement social aura des conséquences dramatiques. 'Nous ne sommes pas sûrs que la nouvelle société qui va remplacer la Sspt sera en mesure de nous assister autant que la Sspt. Pour dire que retirer la concession à la Sspt équivaudrait à nous ouvrir les portes de l'indigence et pousser nos femmes et nos enfants vers l'exode', dit Cheikh Dieng qui parlait au nom des populations. Pour ce dernier, il faudra pour une nouvelle société, quelle que soit sa volonté d'accompagner les populations, plus de vingt ans pour pouvoir atteindre un tel niveau d'assistance.

Par conséquent, le secrétaire général de la section syndicale de la Cnts/Fc demandera l'annulation pure et simple de l'acte d'interdiction pour qu'il leur soit ainsi permis de pouvoir répondre favorablement à la demande des nombreux clients qui frappent à leur porte. Surtout, dit-il, que la nouvelle société concessionnaire n'a pu, depuis trois mois qu'elle est sur le site, extraire une seule tonne de chaux. Une situation qu'il explique par le fait qu'on a simplement voulu faire d'une société à vocation commerciale une entreprise en industrie extractive au détriment de la Sspt qui évolue dans le secteur depuis soixante-douze ans et qui a capitalisé une somme importante d'expérience.

La Société sénégalaise des phosphates de Thiès qui bénéficiait d'un titre d'exploitation de chaux, de phosphate d'alumine sur le site de Lam Lam datant de 1947 s'est vu notifier une décision d'annulation de l'autorisation de poursuite de ses activités d'exploitation de phosphate de chaux sur le site. Les raisons invoquées pour expliquer cette décision ont été, selon les termes de l'acte d'annulation, 'une violation flagrante des dispositions de l'article 68 de la loi 2003-36 du 24 novembre 2005 portant code minier'. En termes plus clairs, il est reproché, entre autres, à la Sspt d'avoir transféré l'exercice de son droit de prospection à la société Turol sans avoir au préalable soumis le contrat y afférant à l'approbation du ministère en charge des Mines.


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