Le regroupement des belligérants majeurs et mineurs à Kinshasa et leur participation à la gestion du pays dans le cadre de la transition, signifiait en principe la fin de la guerre en RDC.
Depuis lors et jusqu'au moment où le pays est doté de nouvelles institutions et leurs animateurs issus du processus électoral financé et supervisé par la Communauté internationale, on constate que la paix n'est pas effectivement restaurée et consolidée. L'Est, dont les deux provinces du Kivu Nord et Sud et dans une certaine mesure la Province Orientale avec le brûlot de l'Ituri, n'est jamais débarrassé du fléau de l'insécurité devenue presque permanente et tragique. La Monuc et la « Task force » avaient imaginé et préconisé plusieurs stratégies pour y mettre fin, dont on peut évoquer le brassage des soldats de différents groupes armés avec leur intégration dans l'armée nationale régulière (FARDC). Le gouvernement congolais n'avait pas le choix. Les troupes du tout-venant, formées d'éléments de bric et de broc ne pouvaient constituer une armée sûre et de confiance, au service du pays et du peuple.
Les résultats partiels du brassage connus du public ne sont guère encourageants, du moins selon des opérations Kimia I et Kimia II. Dans ces rapports publiés par la Monuc et certaines ONG de défense des droits de l'homme, les FARDC sont impliquées dans des exactions et le massacre des civils. Les commanditaires de cette éternelle guerre de l'Est sont des multinationales occidentales plus puissantes que leurs propres Etats, de connivence avec plusieurs ONG internationales téléguidées par les puissances du monde capitaliste. Elles manipulent des hommes et des femmes autochtones dans l'exploitation et le pillage excessifs des minerais dont elles ont besoin et qu'elles ramassent à la pelle à l'Est de la RDC. Dernièrement la Monuc a retiré sa collaboration à la 213ème Brigade et confirmé le massacre des civils que les FARDC auvaient commis dans le cadre des opérations Kimia II, auxquelles elle-même participait aussi. La Monuc avait encouragé le brassage et en avait suivi de près le processus d'exécution.
Mais rien ne prouve que ce sont des éléments purs de l'armée nationale régulière qui ont commis ce massacre et pas ceux de brassage engagés dans les opérations de Kimia II sous le label des FARDC. Des hommes de troupe douteux intégrés tant bien que mal dans l'armée régulière au nom du brassage, se livrent à des actes répréhensibles qui rejaillissent fatalement sur tout le corps des FARDC. Le brassage devient comme un cheval de Troie. Une stratégie piégée et porteuse d'une gangrène ravageuse, dont les stigmates se sont particulièrement dévoilés en marge de l'opération Kimia II. L'énigme du Kivu Le site Radio Okapi signalait, mercredi 4 novembre dernier, « qu'un groupe d'ex-Mai-Mai a attaqué, dans la nuit de mardi à mercredi, le camp militaire d'intégration de Luberizi, dans la plaine de Ruzizi, au Sud Kivu. Selon le porte-parole des opérations Kimia II, le capitaine Olivier Hamuli, cette attaque meurtrière aurait été conduite par un sous-lieutenant FARDC déserteur. Plus tard, l'attaque a été revendiquée par un certain Idi Amin, qui s'est déclaré responsable d'un mouvement politico-militaire dénommé Union du peuple congolais pour la révolution (UPCR), qui regrouperait plusieurs mouvements Mai-Mai qui contesteraient les résultats des opérations Kimia II.
Ce groupe dont le quartier général se trouverait dans les hauts plateaux de Mulenge, prétend reprendre le flambeau de la lutte contre les éléments étrangers sur le territoire congolais » Certaines sources du Sud Kivu soupçonnent les Mai-Mai partisans du capitaine Yakutumba et du général Dunia d'être de mèche avec l'UPCR. Ils se disent déterminés à se battre contre l'hégémonie du Rwanda. Des éléments engagés dans les opérations Kimia autant que les autres jugés dignes de confiance pour la pacification du Kivu, y participent pendant quelque temps et ensuite en contestent les résultats et lèvent l'étendard de la révolte. La rébellion à l'Est ressemble à l'Hydre de Lerne. Des groupes rebelles font allégeance aux institutions légales du pays, sont intégrés dans l'armée régulière et mêlés aux opérations de pacification du pays ; d'autres déjà repentis et familiarisés avec les FARDC, se rebiffent brusquement et reprennent le maquis. Un cercle vicieux.
On s'amende pour un temps, puis on redevient rebelle. La fin de la guerre et le retour de la paix à l'Est, notamment au Kivu, sont problématiques. Les aléas des opérations Kimia marquées du sceau du brassage et l'apparition de nouveaux réseaux de maquis sont si troublants qu'on est fondé à s'interroger sur l'efficacité et l'indispensabilité du concours du CNDP à la pacification du Kivu. Il est encore difficile de percer tous les paramètres de ce qui se trame concernant l'avenir du Kivu. Parallèlement aux réseaux de maquis qui surgissent comme l'UPCR au Sud Kivu, on signale un afflux au Nord Kivu dans les territoires de Masisi et de Rutshuru depuis 4 mois, de réfugiés évacués des camps où ils étaient hébergés au Rwanda. Ils sont des milliers de personnes dont des vagues successives d'arrivants inquiètent beaucoup les populations autochtones.

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