C'est peut-être une manière de faire monter les enchères, devant l'intransigeance de l'opposition guinéenne, qui ne souhaite plus voir le capitaine Moussa Dadis Camara, même en peinture. Chérif Idrissa, le ministre à la Présidence, chargé de la Communication et de l'Information et membre de la délégation du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), a menacé, ce mercredi 25 novembre 2009, d'exclure les anciens Premiers ministres de Guinée de l'élection présidentielle. Ils sont coupables, selon lui, d'avoir pillé le pays, comme l'avait déclaré le colonel Moussa Keïta, ministre, secrétaire permanent du CNDD, dans un entretien accordé à Fasozine.com le lundi 23 novembre dernier.
Les propos sont durs et reflètent peut-être une certaine radicalisation du CNDD. «La Guinée a dorénavant besoin du sang nouveau, de nouvelles générations de dirigeants patriotes et intègres. La Guinée n'a plus besoin des personnes, des gens qui se revendiquent pourtant citoyens de ce pays et qui, malheureusement, se livrent à un lynchage éhonté et machiavélique de cette patrie qui devrait rester cependant sacrée et inviolable», a déclaré Chérif Idrissa, le ministre guinéen en charge de la Communication et conseiller de Moussa Dadis Camara. Dans le collimateur du ministre guinéen, les anciens Premiers ministres Sidya Touré, François Lonsény Fall et Cellou Dalein Diallo, membres des Forces vives, qui réclament le départ du capitaine Moussa Dadis Camara de la tête de la Guinée, mais pourraient être frappés par la limite d'âge à l'élection présidentielle.
Cherif Idrissa, qui s'exprimait ainsi avant la remise des contre-propositions du CNDD au médiateur a même menacé ces leaders de l'opposition, qui ont déjà géré le pays, de poursuites judiciaires. «Le peuple aussi les attend pour faire le compte de leur gestion d'abord. Nous observerons désormais la rigueur dans la main tendue. S'il est vrai qu'ils ont géré, pendant des années, faudrait-il qu'ils viennent rendre absolument compte. Bientôt la machine judiciaire sera mise en branle contre tous ceux qui ont trempé dans les détournements de deniers publics», a-t-il prédit.
Dans les contre-propositions qu'il compte remettre au Facilitateur Blaise Compaoré, le CNDD campe sur sa position, et clame haut et fort que le départ du capitaine Dadis Camara, réclamé à cor et à cri par l'opposition n'est pas à l'ordre du jour. De même, il souhaite que le Premier ministre du gouvernement de transition soit désigné par consensus, et non par les Forces vives, comme l'a proposé le Facilitateur.
Le CNDD au pouvoir en Guinée aurait voulu démontrer à l'opposition qu'elle n'a pas le monopole du radicalisme qu'il ne s'y serait pas pris autrement.
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