Plusieurs contrats ont été signés au cours des Journée économiques et commerciales organisées en octobre dernier à Calabar.
Directeur général de la Sapidacam, une Pme camerounaise qui transforme la banane plantain en farine et autres dérivés, André Atangana avait l'air particulièrement joyeux hier dans les locaux de la Chambre de Commerce de Yaoundé, à l'occasion de la présentation du bilan des Journées économiques et commerciales Cameroun-Nigeria, organisées du 18 au 25 octobre dernier à Calabar au Nigeria, à l'initiative du ministère camerounais du Commerce. Au cours de cette rencontre de contact à laquelle ont participé une cinquantaine de Pme camerounaises et des géants de l'industrie locale tels que le groupe Alucam, Cicam, le groupe Fokou ; André Atangana et "revenu avec trois contrats de partenariat, qui stipulent que je livre mes produits à Tiko, et mes partenaires se dérouillent eux-mêmes pour l'acheminer vers le Nigeria où ils seront commercialisés", confie-t-il.
Sa joie d'avoir participer à ce voyage d'affaires à Calabar, le Dg de la Sapidacam la partage avec Alexis Sadeu, responsable d'une Pme de fabrication de chaussures. Lesquelles ont tapé dans l'oeil d'un opérateur économique nigérian, qui a décidé de se mettre en affaires avec le fabriquant de chaussures "made in Cameroun". "Le contrat vise à vulgariser nos produits dans les grandes villes du Nigeria. Mais la demande est tellement forte que je me demande si j'aurais les moyens de produire en grande quantité pour satisfaire le marché nigérian qui est très vaste", affirme Alexis Sadeu. M. Tchoungui, président du groupe éponyme, dont les différentes sont titulaires de brevets d'invention dans le secteur de la fabrication des produits médicinaux est allé à Calabar, indique-t-il, pour présenter "un produit qui soigne l'hépatite, parce qu'il ya 19 millions de malades au Nigeria". Mais, cet opérateur économique a plutôt décroché, révèle-t-il, un contra t de partenariat grâce à un produit "qui fait pousser les cheveux".
Telle est la quintessence du bilan des Journées économiques et commerciales Cameroun-Nigeria, qui a été présenté hier à Yaoundé, devant le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana. Lequel, après avoir rappelé que la mission de Calabar rentre dans la stratégie de conquête des marchés de proximité décidée par le gouvernement camerounais, a exhorté les opérateurs économiques a allé vers le marché nigérian, qui compte 150 millions de consommateurs potentiels, nonobstant les difficultés dont peut receler le commerce avec "ce puissant voisin". De ce point de vue, les participants à l'expédition nigériane ont déploré la difficulté d'obtenir un numéro Nafda, sorte de certification que doivent obtenir tous les produits agroalimentaires qui pénètrent sur le territoire nigérian ; les difficultés liées aux transactions financières du fait de la différence des monnaies usitées dans les deux pays ; l'interdiction du gouvernement nigérian d'importer des produits textiles, lesquels sont considérés comme des produits de contrebande, déplore Simon Abong, un responsable de Cicam de retour de Calabar.
Respect des normes
Mais la principale difficulté à laquelle les opérateurs économiques qui désirent aller à la conquête du marché nigérian doivent s'attendre est certainement la contrefaçon. En effet, lors du voyage d'affaires au Nigéria, Ruben Kamto, ingénieur commercial à Socatral, a constaté que "les tôles de Socatral qui sont considérées comme des produits haut de gamme au Nigéria, du fait de leur demande, ont été copié par certains opérateurs nigérians. Ils ont même copié le scotch qui permet de constituer des palette de tôles, et sur lequel est imprimé Socatral". Une situation qui, a-t-on appris, n'empêche pas le groupe Alucam de lorgner vers le marché nigérian, destination de 40% de la production camerounaise, a révélé le ministre du Commerce, alors que "les gens pensent que ce sont les produits nigérians qui nous envahissent".
D'ailleurs, Luc Magloire Mbarga Atangana envisage à nouveau, confie-t-il, de conduire des opérateurs économiques camerounais au Nigeria en 2010, cette fois-ci à Port Harcourt et à Kano, mais aussi en Afrique du Sud pendant la coupe du monde 2010. Ce type de voyage d'affaires aura également lieu en Guinée Equatoriale, au Gabon et en Angola, pays en chantier après des décennies de guerre, et dans lequel des opérateurs économiques peuvent saisir des opportunités notamment dans le secteur du Bâtiment et des travaux publics. Une mission avec des opérateurs camerounais aura également lieu en République démocratique du Congo, un marché de 50 millions de consommateurs, dont 14 millions dans la seule ville Kinshasa. Motif : "Ce sont des marchés moins exigeants en matière de respect des normes. Il sera de plus en plus difficile de conquérir l'occident avec les nouvelles lois de l'Organisation mondiale du Commerce (Omc)", explique le ministre Mbarga Atangana.

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