Le Quotidien Mutations (Yaoundé)

Cameroun: Pr Michel Tchotsoua - Nos produits trouvent presque tous un emploi

interview

Le chef de département de géographie de l'Université de Ngaoundéré évoque les changements climatiques en rapport avec la dégradation de la diversité des plantes cultivées.

Globalement quelles sont les innovations majeures de ces soutenances ?

La première innovation majeure de ces soutenances c'est que la plupart des mémoires s'inscrivent dans le cadre des programmes de recherches menés en coopération avec plusieurs universités et instituts de recherches et de développement tant du sud que du nord. Il s'agit entre autres des universités de Ngaoundéré, N'Djamena, Niamey, Paris 1, du Cnrs (centre national de la recherche scientifique) française, du Cirad (centre de coopération international en recherche agronomique pour le développement), du Prasac (pôle régional de recherche appliquée au développement des savanes d'Afrique centrale), la Meaden (mission d'étude pour le développement de la région du nord). Il en est ainsi du programme «Plantadiv» et du programme «Corus». Ce qui s'inscrit parfaitement dans l'esprit du système Lmd basé sur la mobilité des enseignants-chercheurs et des étudiants. L'autre innovation majeure, c'est que les thématiques portent sur la biodiversité et dynamique des environnements en relation avec les actions de l'homme et les changements climatiques.

Parlant de la biodiversité en relation avec les changements climatiques, comment ce problème a-t-il été appréhendé dans le cadre de ces mémoires ?

Sur ce problème, trois mémoires viennent d'être soutenus sous la co-direction du Dr Christine Raimond, Chargée de recherche au Cnrs et de moi-même. Ils portent sur l'analyse de l'évolution de la diversité des plantes cultivées dans le Nord Cameroun et le Sud du Tchad. Il était question de rechercher l'apparition ou la disparition d'espèces et/ou de variétés de plantes cultivées dans les agrosystèmes de ces régions en relation avec un certain nombre de facteurs notamment climatiques, éco-géomorphologiques et/ou anthropiques.

Il faut remarquer, relativement aux facteurs anthropiques, que suite à la construction de la route Ngaoundéré-Touboro-Moundou par exemple, la demande de certaines productions agricoles telles que le maïs ou l'arachide est de plus en plus forte de la part des commerçants grossistes venant du Sud Cameroun et même des pays voisins. La forte progression de ces cultures dans ces régions entraine-t-elle la disparition de certaines «plantes de consommation locales» ? L' «érosion génétique» peut être aussi liée aux modifications qui ont cours dans les différentes composantes du système environnemental, notamment en rapport avec les changements climatiques tant à l'échelle locale que sous régionale. Une de ces étudiants, dont le travail est intitulé «évolution de la diversité variétale du sorgho et circulation des semences en pays Moudang» a d'ailleurs obtenu la mention Très Bien.

Dans le cadre de la mise en place du système Lmd, est ce que vous n'allez pas un peu plus vite que la musique?

Non. Il s'agit d'un aboutissement normal de la mise en place du système LMD à la Falsh de l'Université de Ngaoundéré. D'ailleurs, le Livret-Programme des enseignements de toute la faculté, élaboré sous la coordination du Doyen Iya Moussa, est prêt et n'attend plus que l'harmonisation au niveau national.

Sur le plan opérationnel il faut souligner que nos produits trouvent presque tous un emploi tant dans les universités que dans les bureaux d'études, les Ong que les instituts de recherche-développement ; particulièrement en ce qui concerne le système d'information géographique et la cartographie.

S'agissant de ce dernier point justement, un master professionnel «géomatique, aménagement et gestion des ressources» en formation ouverte à distance (Foad) sera bientôt opérationnel au campus numérique francophone de l'université de Ngaoundéré.


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