Diourbel — Le responsable du suivi-évaluation au Conseil national de lutte contre le sida (CNLS), le Dr Seyni Ndoye a magnifié, mercredi à Diourbel, l'engagement et la détermination des personnes vivant avec le VIH (PVIH) dans la lutte contre la pandémie au Sénégal.
Dr Ndoye a estimé que ces personnes méritent la reconnaissance de la nation à l'image des citoyens issus d'autres catégories socio-professionnelles souvent décorés pour service rendu.
Il s'expriamit à l'occasion de la cérémonie officielle de lancement de la semaine régionale de lutte contre la pandémie inscrite dans le cadre de la campagne nationale 2009-2010.
"On a l'habitude de donner des décorations et médailles à des artistes et autres mais les PVIH méritent la reconnaissance de la nation pour leur engagement et leur détermination dans la lutte contre le VIH/SIDA", a-t-il notamment indiqué pour justifier son palidoyer en faveur des personnes vivant avec le VIH.
En sa qualité de chef de la délégation du CNLS, le Dr Ndoye a aussi mis en évidence la triple vulnérabilité des femmes, soulignant que les sida se féminise au Sénégal avec un rapport de trois femmes pour un homme. Selon lui, les femmes présentent beaucoup plus de risques d'infection par rapport aux hommes compte tenu de leur vulnérabilité "socio-culturelle, épidémiologique et économique".
"La région de Diourbel nécessite une surveillance particulière parce que elle représente une zone d'émigration et de pauvreté. Il s'y ajoute aussi que l'analphabétisme y est très developpé", a pour sa part plaidé le premier vice-président du conseil régional, Yankhoba Diouf.
M. Diouf a prôné des efforts soutenus et permanents pour atteindre consistant à maintenir le taux de prévalence au Sénégal à moins de deux pour cent en 2011.
Selon le medecin-chef de région, le Dr Masserigne Ndiaye, Diourbel présente un taux de prévalence de 0,1 pour cent. Pour autant des disparités existent car les malades tuberculeux de la région se signalent avec un taux de cinq pour cent au moment où les travailleurs du sexe atteignent un taux de 15 pour cent. De même, les homosexuels frôlent un taux d'un peu plus de 21 pour cent.
L'âge des malades a aussi baissé dans la région ou les 15-35 ans sont aujourd'hui les plus touchés d'où le plaidoyer du Dr Ndiaye pour la promotion de certaines valeurs traditionnelles comme le maintien de la viginité jusqu'au mariage pour les jeunes filles.
Chaque district sanitaire de la région compte au moins une cellule de PVIH(une cellule compte au moins 60 personnes) estime par ailleurs le président du réseau national des associations de PVIH, Ismaila Goudiaby.
Au niveau national, le taux de prévalence est aujourd'hui de 0,7 pour cent. Toutefois, les spécialistes qui estiment que "cette prévalence n'est que la partie visible de l'iceberg" évaluent à un peu plus de 50000 les personnes infectées au Sénégal. Aujourd'hui, un peu plus de 10000 personnes infectées sont mises sous traitement à travers le pays.
La semaine a été officiellement lancée dans la région par l'adjoint au gouverneur chargé du développement, Serigne Ababacar Kane qui a insisté sur la nécessité de ne pas baisser la garde en vue de maintenir le taux de prévalence de la pandémie à moins d'un pour cent.
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