Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: A Kinshasa, la lutte anti-érosive sur 16 sites nécessite 53,3 millions Usd

Kinshasa — Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, court le risque d'être « rayée » de la carte du pays par des érosions qui, en saison des pluies, détruisent férocement maisons d'habitation et routes dans divers quartiers. La lutte anti-érosive sur 16 sites identifiés nécessite un financement de 53,3 millions Usd.

La sempiternelle question de la menace que font peser les érosions sur l'existence même de certaines agglomérations du pays a été évoquée le week-end dernier à l'Assemblée nationale, lors du débat sur le budget du gouvernement pour l'exercice 2009.

« Aujourd'hui, le risque de voir les villes de Bukavu (Sud-Kivu), Mbuji-Mayi (Kasaï Oriental), Kananga (Kasaï Occidental) et Kinshasa rayées de la carte du pays, à cause du mauvais état de leurs voiries et de grandes érosions y recensées, devient de plus en plus grand », s'est alarmé le député Jean-Marie Bulambo Kilosho.

Les travaux de lutte anti-érosive nécessitent beaucoup de moyens qui ne sont pas disponibles, a-t-il affirmé. Et compte tenu de l'énormité de ces moyens financiers et matériels, il a demandé au Premier ministre Adolphe Muzito et à son gouvernement de faire en sorte que « ces travaux de voirie de Kinshasa soient pris en compte par une ressource budgétaire sûre et non aléatoire comme c'est le cas ».

Citant des études chiffrées, il en a dévoilé le coût total évalué à 53,3 millions de dollars américains. « Il est aussi urgent de prévoir, dans ce budget, le dédommagement de tous ceux qui ont perdu tout ou partie de leurs maisons à Maman Mobutu (54 maisons), à Manenga (28 maisons), etc. », a-t-il souhaité. Justifiant sa requête par le fait que « l'Etat a failli à ses missions protectrices de maintenir toutes les voiries urbaines en bon état et de disposer d'une compagnie d'assurance fiable ».

Ce faisant, le gouvernement répondrait à une « exigence d'équité » en faveur des Kinois, pour avoir déjà débloqué 800.000 Usd en direction des populations de Kabambare et de Kasongo (Maniema) qui avaient vu leurs habitations brûlées mystérieusement entre mai et juin écoulés, a-t-il expliqué. Et ce, « pour éviter à ces populations le traitement réservé aux victimes de dernières pluies à Kinshasa aujourd'hui en abandon à Masina et à Kimbanseke », selon Jean-Marie Bulambo.

UNE MENACE «PLUS QU'EVIDENTE »

Les dernières averses tombées sur Kinshasa ont de nouveau fait des victimes dans plusieurs communes, particulièrement parmi les populations ayant bâti leurs maisons d'habitation sur les flancs des collines.

« L'activité érosive se localise plus particulièrement sur les flancs des collines ayant des pentes de 10 % et perturbés par un développement anarchique de l'urbanisation », relève une étude de l'Université de Kinshasa (UNIKIN). «La menace sur la ville de Kinshasa de l'amplification actuelle de cette érosion est plus qu'évidente », note-t-elle, soulignant que «c'est maintenant par dizaines de mètres qu'à chaque orage important se chiffre le recul accompagné de la destruction totale des ouvrages antiérosifs précisément construits pour contrôler cette situation ».

Dans une récente enquête publiée dans son supplément « Notre époque » du jeudi 13 novembre 2008, Le Potentiel a relevé que plusieurs quartiers de Kinshasa sont sous la menace des érosions qui progressent en saison des pluies.

« Les érosions de Binza/Ozone, Binza/Delvaux, de l'avenue de l'Ecole (camp Tshatshi et Masikita), de Selembao, l'UPN, l'UNIKIN, Kimwenza et de Kisenso, dont les terres se déversent sur certains quartiers de Matete, sont très remarquables. Kindele (Mont Ngafula), la commune de Makala, dont les routes sont souvent coupées par les érosions au niveau de Libulu 1 et 2, et le quartier Bibua (N'Sele) sont également frappés », a-t-il signalé.

D'ici à janvier 2009, les pluies auront encore le temps de faire des siennes, renforçant la menace que constituent aujourd'hui les 600 têtes de ravins que des chercheurs de l'UNIKIN avaient recensées à Kinshasa en 2003.

Par conséquent, le gouvernement doit s'activer à mobiliser les 53,3 millions Usd que nécessite la lutte antiérosive dans la capitale de la RDC.


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