Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Les causes des érosions à Kinshasa

Kinshasa — Parmi les catastrophes naturelles auxquelles doivent faire face les autorités de la République démocratique du Congo figurent les érosions. Parce qu'elles occupent une place de choix aussi bien par leur nombre que par leu r agressivité. La capitale de la RDC vit sous la menace permanente des érosions que l'on enregistre dans la plupart de nos communes.

La situation des érosions à Kinshasa n'est pas nouvelle, et les initiatives pour les combattre sont légion. Cependant, malgré les efforts déployés à cette fin, force est de constater que le phénomène érosion prend de plus en plus de l'ampleur.

Rien à faire, tant que les constructions anarchiques existeront, tant que les caniveaux resteront bouchés, tant que la pluie diluvienne s'abattra sur la capitale, tant que le service des voiries urbaines et les ministères en charge des travaux publics travailleront en ordre dispersé sans politique arrêtée de lutte spécifique contre les érosions; les érosions ne cesseront jamais de menacer Kinshasa et si possible d'engloutir des maisons d'habitation.

A qui la faute ? C'est la question qui revient souvent sur toutes les lèvres lorsqu'on se trouve devant le danger, particulièrement devant une catastrophé provoquée par l'érosion. La réponse à cette question est que les responsabilités sont partagées entre l'Etat et les victimes. D'abord, c'est le gouvernement qui est responsable pour avoir autorisé les individus de construire n'importe où sans aucun contrôle. Les individus ont construit même dans les ravins alléguant qu'ils ont obtenu une autorisation de bâtir en bonne et due forme. Si en partie, ils ont raison parce que les agents de l'Etat ont toujours délivré ces documents qui, à la fin de compte, se révèlent être des faux.

Le gouvernement et ses représentants à tous les niveaux ont toujours vu s'élever, sans réagir, des constructions anarchiques sur des lotissements non agréés. Ce qui compte pour ces autorités, c'est l'argent, ils ferment les yeux.

Les Kinois, eux-mêmes, sont responsables de leur entêtement.

Devant la menace de l'érosion, ils n'hésitent pas à construire en prétendant faire tout pour endiguer l'avancement du danger. Bourgmestres et chefs de quartier complices laissent le champs libre aux anarchistes. Ils construisent même sur des caniveaux et des tuyaux d'eau, ils construisent aussi au milieu des avenues tout en bénéficiant du soutien des intouchables ayant des responsabilités au sein des institutions du pays.

Dans tout le cas, on peut se rendre compte que l'impunité est à la base de la dégradation de la situation dans ce secteur. On se rappelle de la brigade de démolition des constructions anarchiques de l'Hôtel de ville de Kinshasa qui a disparu sans laisser des traces alors que ces constructions dans la capitale comme des champignons.

En conclusion, la capitale doit être protégée des érosions par tous les moyens. Mais il faut de la volonté et des moyens financiers conséquents. Il faut également sensibiliser les Kinois et les éduquer afin qu'ils ne continuent pas d'ignorer la loi foncière et n'oublient pas la mission dévolue à l'Urbanisme. Les services fonciers et urbanistiques qui sont accusés de complicité et d'encourager l'anarchie devront savoir que la « tolérance zéro » n'est pas uniquement pour les autres. Ils risquent de subir la rigueur de la loi.


Copyright © 2009 Le Potentiel. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire — ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 130 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations d' AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

Comments Post a comment