Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Kinshasa sous la menace permanente des érosions

Kinshasa — A voir ce qui arrive ces derniers temps dans la ville de Kinshasa, on a de la peine à y croire. En effet, la capitale vit sous la menace permanente des érosions, signalées particulièrement dans la périphérie et qui provoquent désolation parmi la population.

Officiellement, 250 têtes d'érosions avaient été dénombrées il y a quelque temps. Mais ce chiffre est démenti par une étude du professeur géomorphologue Félicien Tseta Miti de l'Université de Kinshasa (UNIKIN) publiée dernièrement.

L'un, tout comme l'autre chiffre, fait voir à quel point est préoccupante la situation. Situation qui nécessite certes de la volonté politique, mais aussi et surtout d'importants moyens financiers pour y remédier.

On a vu les autorités défilées, surtout au site Mataba 1, dans la commune de Ngaliema. Une entreprise de construction avait été mise à contribution pour lutter contre la tête d'érosion qui s'était manifestée sur le lieu et qui, il y a quelques années, avait défrayé la chronique.

A l'époque, le gouvernement y avait consenti des moyens financiers qui se sont avérés insuffisants par rapport à l'ampleur de la tâche à exécuter. Le royaume de Belgique a figuré parmi les pays qui ont apporté de l'aide financière à la RDC pour l'exécution des travaux de travaux anti-érosive.

Malgré la conjugaison des efforts, les choses ont mal tourné sur le lieu : les murs de soutènement ont cédé, plongeant dans la consternation et l'angoisse la population environnante qui croyait être à l'abri de la menace de l'érosion.

Surpris par la tournure dramatique des choses, le gouvernement congolais a refait ses calculs pour venir à bout de l'érosion. Mais il n'y a pas eu suivi au point que les travaux ont été interrompus.

L'entreprise de construction chargée d'exécuter les travaux a réagi, en décidant de les surprendre sous prétexte que le gouvernement lui devait encore de l'argent. Passant de la parole à l'acte, elle retira ses engins, matériaux et matériels du chantier.

Entre-temps, l'érosion progressait, après avoir causé de la désolation parmi les habitants des environs devenus, à l'occasion, des sans-logis. Une partie de la paroisse de l'Eglise kimbanguiste fut emportée et seul un pan de mur est encore visible sur le site.

Une deuxième érosion s'est manifestée appelée Mataba II et a été à l'origine d'importants dégâts. Dans d'autres communes aussi, les érosions se sont signalées et ont progressé de « manière inqupiétante ».

Kinshasa vit donc sous la menace permanente des érosions. Un danger auquel on devra lutter efficacement au risque de voir certains coins disparaître de sa carte.


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