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Kinshasa — Se confiant au journal Le Potentiel, une dame d'une quarantaine d'années née au quartier Mfinda, avoue que « rien ne présageait le drame actuel », de nombreuses familles qui y sont installées étant parmi les grosses fortunes kinoises ayant construit de belles villas.
Au début, c'était une « petite » tête d'érosion observée au bout d'un passage qui serpentait des parcelles. « Aucune maison ne semblait menacée d'écroulement », se souvient-elle. Seulement voilà. « Les travaux de réhabilitation de la Nationale n°1 (Matadi-Kinshasa), confiés à certaines entreprises de construction, sont venus perturber la quiétude des habitants de ces deux quartiers, bouchant les canalisations », accuse la dame.
Faute de caniveaux, les eaux de pluies provenant de Binza/Delvaux et Binza/Village sont obligées de se frayer un passage, empruntant principalement l'avenue Paulusi. La furie des eaux a commencé par creuser l'érosion qui, progressivement, a englouti plusieurs maisons; sa tête se dirigeant vers la route de Matadi en passant par l'avenue Kimpu où se trouve l'imposant bâtiment de Logos Tabernacle.
Il y a une semaine, cette tête d'érosion de Kimpu s'est engagée sur l'avenue Paulusi, provoquant l'écroulement de plusieurs maisons. Aujourd'hui, la population est dans l'angoisse. En visite sur les lieux en mai 2007, le gouverneur de la ville de Kinshasa, André Kimbuta, avait avoué son impuissance au motif que, compte tenu de la gravité de la situation, la solution relève de la compétence du gouvernement central.
Mardi 11 novembre 2007, le bourgmestre de Ngaliema a promis de «faire rapport à la hiérarchie » après avoir constaté les faits sur place. Entre-temps, la catastrophe menace les autres habitations dont les propriétaires effectuent des démarches auprès des autorités compétentes afin qu'un site d'hébergement soit mis à leur disposition.
Lors de notre visite sur le lieu le mardi 25 novembre 2009, nous avons lu sur les visages des habitants environnants l'anxiété. L'érosion avait emporté cette année plusieurs autres maisons d'habitation. Cette érosion est à quelque cinquante mètres de Logos Tabernacle, un bijou érigé dans les parcelles sises 9 et 11 de la rue Kimpu, quartier Mfinda, dans la commune de Ngaliema.
Ses fidèles sont anxieux car, à en croire l'un d'eux qui a requis l'anonymat, ce bâtiment est menacé d'écroulement à cause de l'indifférence des autorités. « Certaines d'entre elles étaient il y a quelques mois sur le lieu pour constater les faits et ont promis le début des travaux de lutte antiérosive dans les meilleurs délais, mais rien n'est fait à ce jour », a-t-il déclaré la mort dans l'âme.

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