Sud Quotidien (Dakar)

Sénégal: Tabaski 2009 - Pas d'affluence au marché HLM - La crise économique est passée par là

A moins de trois jours de la Tabaski, ce n'est pas encore la grande affluence au marché Hlm comparée aux années précédentes. Les ambitions et la volonté des parents de faire plaisir aux enfants sont limitées par le manque d'argent. La crise est passée par là.

Sous un soleil de plomb, il n'y a que les chants et les cris de commerçants qui se font entendre. Le marché Hlm qui d'habitude fait l'objet d'une grande affluence à la veille des grandes fêtes n'est pas encore envahi par les acheteurs. Sur place, l'enthousiasme des commerçants, n'y font rien. Les clients se font toujours désirer. Un homme, debout sur son étale, haut-parleur à la main, chantant et dansant avec tout le comique qui l'accompagne fait tordre de rire plus d'un retient l'attention.

A côté de lui, un vendeur de tissu est assis sur sa marchandise. Cheikh Omar Thioune, puisque c'est de lui qu'il s'agit soutient : « il y a beaucoup de monde dans le marché, mais ils n'achètent pas ». Pour lui, les ventes de l'an passé, dépassent de loin ceux de cette année à la même période. Omar Thioune explique cette mévente par le nombre élevé de vendeurs qui exercent dans le marché. « Il y a trop de vendeurs dans ce marché. Comparer au nombre de clients, les baisses de nos ventes sont bien logiques », déplore-t-il. Un peu plus loin, une dame est assise près d'une vendeuse d'effets de toilette tenant un sachet d'eau entre les mains.

Cette dame, une cliente qui a requis l'anonymat, confie qu'elle a déjà fait ses achats. « Les produits ne sont pas trop chères. Seulement il n'y a pas d'argent dans ce pays », dit-elle. « les tissus vaidehi et les velours sont les plus prisés » renseigne t-elle pour indiquer les tendances et modes en vogue cette année. Et, comme pour confirmer, Anta Diack, dans une des ses boutiques du marché, est à la recherche de ce même tissu dit Vaidhei, du nom d'une célèbre série de télénovas très prisée par la gent féminine. A la question de savoir pourquoi exclusivement ce tissu, elle répond : « c'est ma fille qui me l'a demandé. C'est l'un des tissus les plus chères, mais si je ne l'achète pas, elle ne sera pas contente ». « Malgré le coût élevé des produits à la mode, nous faisons le maximum pour faire plaisir aux enfants », s'empresse t-elle de préciser.

Les tailleurs se frottent les mains

A l'intérieur du marché, la réalité est toute autre. Dans un endroit faiblement éclairé, des bruits de machines à coudre polluent l'atmosphère. C'est dans ce décor qu'Alioune Badara, tailleur de son état est débordé par le surplus de commandes, comme du reste ses nombreux homologues de ce grouillant marché des Hlm.

Notre interlocuteur confie que depuis quelque temps, les clients viennent de plus en plus. « Depuis le 10 de ce mois de novembre, on constate qu'il y a de plus en plus de clients qui viennent nous voir. D'ailleurs, on a même débuté les veillées nocturnes », renseigne-t-il. Et de poursuivre : « Il faut aussi reconnaître que l'année dernière, dans la même période, on avait commencé à refuser du monde ».

Non loin de cet atelier, Mouhamed Nassirou, un tailleur de nationalité guinéenne, s'active autour des tissus. Pour lui, le mieux, c'est de fidéliser sa clientèle. Ce couturier estime que « les clients qui viennent au hasard, ne nous paie pas à la mesure de notre travail. Et si tu refuse l'offre, les autres tailleurs le prendront. Il s'y ajoute que nous avons le loyer à payer, la nourriture et bien d'autres dépense vitaux à faire » déplore-t-il.


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