Kinshasa — Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) Luis Moreno-Ocampo a annoncé hier jeudi 26 novembre avoir demandé aux juges de la Cour l'autorisation d'enquêter sur les violences post-électorales de fin 2007-début 2008 au Kenya. Une procédure qui servira de leçon aux autres dirigeants africains pour respecter le verdict des urnes et les principes démocratiques.
Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) Luis Moreno-Ocampo a annoncé hier jeudi 26 novembre avoir demandé aux juges de la Cour l'autorisation d'enquêter sur les violences post-électorales de fin 2007-début 2008 au Kenya.
«J'ai demandé aux juges de la CPI l'autorisation d'ouvrir une enquête sur les violences qui ont suivi les élections en 2007», a déclaré M. Moreno-Ocampo, au cours d'une conférence de presse à La Haye. «L'enquête se concentrera sur ceux qui portent la plus grande responsabilité, qui ont organisé, planifié et encouragé les attaques» qui ont fait 1.500 morts, a-t-il souligné.
La population civile kényane a été victime d'une «attaque généralisée et systématique» au cours de laquelle des «crimes contre l'humanité» ont été commis, a affirmé le procureur de la CPI cité par l'AFP. «Les victimes ont été blessées, violées, leurs maisons ont été brûlées, leur bétail a été volé. Elles ont perdu tous leurs moyens d'existence. Je leur ferai justice», a-t-il assuré.
PRINCIPES DEMOCRATIQUES
M. Moreno-Ocampo procède depuis février 2008 à un examen préliminaire des violences politico-ethniques qui ont fait 1.500 morts et 300.000 déplacés. «Si les juges m'autorisent à ouvrir une enquête, j'espère pouvoir définir les accusations et identifier les suspects dans le courant de 2010», a poursuivi M. Moreno-Ocampo, se disant favorable à «un nombre limité d'affaires avec un nombre limité de suspects».
Le procureur de la CPI souhaite pour la première fois ouvrir une enquête de sa propre initiative, comme l'y autorise le Statut de Rome, traité fondateur de la Cour entrée en fonction en 2002. Il doit toutefois obtenir l'autorisation préalable des juges. L'initiative du procureur Ocampo rencontre l'assentiment d'un analyste qui estime que les responsables de violences post-électorales au Kenya devront subir la rigueur de la loi.
Ce qui pourra servir de leçon aux autres dirigeants africains qui apprendront désormais à respecter le verdict des urnes et tous les principes démocratiques.

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