La Prospérité (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Honorable Timothée Tshimanga - "J'avais frôlé la mort à cause de Quartier Latin".

Kinshasa — 26 novembre 1986-26 novembre 2009 : le groupe Quartier Latin de Koffi Olomidé totalise exactement 23 ans d'existence dans la sphère musicale congolaise.

A cette occasion, Honorable Timothée Tshimanga dit « Le petit Sarkozy » s'est confié au journal « La Prospérité » pour encourager et remercier le patron de cet orchestre, qui continue à défendre la musique sur l'échiquier international.

Grand mécène et amoureux de la bonne musique, il nous a témoigné les souvenirs et les merveilles de Quartier Latin Que représente pour vous Quartier Latin ? D'après le petit Sarkozy : Quartier Latin est l'une des rares formations musicales qui fait la fierté de la République Démocratique du Congo sur le plan culturel. Aujourd'hui, c'est l'unique orchestre de cette génération qui a non seulement 23 ans d'existence, mais qui jouit d'un franc succès. Rappelons que ni Zaiko, Wenge 4x4, Viva-la-musica ou Choc Stars de Didier Masela n'atteint cet âge de Quartier Latin sur scène. C'est aussi un bel exemple à suivre pour les jeunes leaders. Quand est-ce que vous avez commencé à soutenir la mode et le style Tcha-tcho, la particularité de Quartier Latin ?

C'était vers les années 1992, à l'époque où le feu Mungul Diaka était Premier ministre du Zaïre. Et, c'est lorsque j'avais frôlé la mort à cause de Quartier Latin. Je suis parmi les gens qui ont constitué la première génération de jeunes congolais qui ont crée, avec votre confrère Paulin Mukendi, les fans-clubs Koffi Olomidé à Kinshasa. Beaucoup, parmi mes amis et frères dans ma famille m'ont haïs à cause de cet artiste que j'apprécie déjà dans ma jeunesse. Malgré que je ne lui sois pas attaché, mais que je le suis à l'orchestre Viva-la-musica de Papa Wemba, le sang de Quartier Latin circulait déjà dans mes vaines. Son patron m'avait impressionné et convaincu surtout par son mode et son style de musique. J'avoue que chez moi, il y a beaucoup plus les CD de Quartier Latin que de Viva-la-musica. J'enviais et continue toujours à envier le mode de vie et de travail de Koffi. Je me rappelle, en 1988, qu'il m'est arrivé un jour où j'avais décidé de prendre un ami BERRY ILUNGA pour qu'il m'accompagne devant la porte de la résidence de Mopao, à l'époque où il habitait encore la Commune de Bandalungwa. Mon souci était de voir de loin l'artiste lorsqu'il va entrer ou sortir de sa maison.

C'est lorsque j'avais commencé à participer aux émissions culturelles à la Voix du Zaïre (OZRT), à l'époque, que j'avais eu l'occasion de rencontrer personnellement Koffi pour la première fois. C'était un coup de foudre pour moi. Donc, c'est comme si j'avais vu Dieu. Quel est le meilleur album de Quartier Latin ? Avant tout, Magie qui m'avait beaucoup attiré. Cet opus est et restera mon disque préféré dans la discographie de l'orchestre. Quelle est votre chanson préférée dans le répertoire du groupe ? C'est la chanson intitulée « Amen » signée par le chanteur Babia Ndonga alias Shokoro. Cette chanson est constituée de belles paroles qui portent une leçon morale intéressante.

C'était vraiment enchanteur avec de beaux solos vocaux qui m'ont aussi inspiré sur la vie. Parmi toutes les générations de musiciens qui sont passés dans Quartier Latin, qui vous a beaucoup marqué ? Le batteur Champion Djikapela est l'unique musicien qui m'a émerveillé par sa façon de jouer à la batterie (Drum). Il était très précis et impressionnant avec ses frappes. Durant 23 ans, qu'est-ce que Koffi avait commis comme grosse erreur dans sa manière de gérer son groupe ? C'est le départ de musiciens qui ont claqué la porte de Quartier Latin pour former le groupe Academia.

Il fallait que Koffi les appelle et les fasse revenir à la raison en sa qualité de père de famille, et aussi chercher à savoir ce qu'ils ont voulu. Ce qu'il pouvait faire pour eux. Si la vie était à refaire, quels sont ces musiciens que Koffi pourra accepter de réintégrer dans Quartier Latin ? D'abord le soliste Ramazani, le batteur Champion Esthétique et comme chanteurs : Willy Bula, Montana Kamenga Sommet des sommets et Bourreau Mpela. Depuis quand, côtoyez-vous Mopao Sarkozy ? Cela fait pratiquement trois ans que nous avons commencé notre relation.

Notre début était lors des élections présidentielles en 2006 lorsqu'on se croisait au studio M'ecko pendant qu'ils sont venus enregistrer une chanson pour soutenir la candidature du Chef de l'Etat. Il était convaincu que moi je me suis intéressé à lui. C'était vice -versa. Plus tard, Koffi m'avait proposé le poste du Vice-président de Quartier Latin. Il insistait beaucoup pendant six mois, SVP. Mais, j'avais refusé pour sauvegarder nos relations qui du moins restent intact. Mieux vaut prévenir que guérir, dit-on. Pourquoi Koffi vous a-t-il baptisé du nom de « Petit Sarkozy » ? Je sais que les communs de mortel cherchent toujours à savoir pourquoi il m'appelle Petit- Sarkozy.

Mais, il serait mieux de poser cette question à Koffi Olomidé Mokonzi. Ce qui est évident à chaque fois que je lui propose quelque chose, l'artiste a toujours reconnu en moi la qualité d'un homme exceptionnel, unique en son genre. C'est-à-dire, quelqu'un qui a toujours ses propres idées dans sa tête. Et nous, ce n'est pas pour rien que nous l'appelons Mokonzi. Je vous dis que beaucoup ne croyaient pas que Franco était un Grand maître de son vivant. C'est juste après sa mort que les gens, qui ont un esprit aiguisé, ont pu reconnaître en lui cette qualité de véritable Grand Maître. Aujourd'hui, quand on appelle Koffi Mokonzi, les gens croient qu'il est Mokonzi uniquement pour son groupe.

Or, tel n'est pas le cas. Il est vraiment « Mokonzi », c'est-à-dire, il est au-dessus de plusieurs personnes. Je ne dis pas pour le flatter, mais c'est quelqu'un qui a un niveau plus supérieur à ne pas comparer avec vos ministres. Pourquoi depuis un certain temps, vous ne faites que défendre Koffi. Y a-t-il un circuit mystique particulier dans lequel vous vous retrouvez ? Qu'à cela ne tienne, il n'y a aucun problème. Cea ne concerne que moi et lui. Il est mon vieux. Est-ce pour cette raison que vous aviez abandonné Papa Wemba pour faire alliance avec Grand Sarkozy ? Papa Wemba est mon vieux avec qui nous sommes toujours en bon terme. Je suis le seul qui était en contact avec lui jusqu\'à l'aéroport lors de son départ pour sa récente tournée africaine. Je l'assistais chaque matin lorsqu'il était interné à l'hôpital Chinois, ici dans la commune de Limete, avant son voyage. Je vous dirai que tous ceux qui prétendent le connaître, ne le connaissent pas plus que moi en réalité. Je collabore avec tous les musiciens pour soutenir la musique congolaise.

Tous les musiciens congolais viennent visiter chez moi, sans exception. JB Mpiana, Werrason, Bendo Son, Adolphe, King Kester sont tous mes frères. Je comprends qu'il n'y a que des jaloux et de complexés qui peaufinent des histoires pour séparer nos musiciens. Que les gens retiennent que concernant mes relations avec Koffi, nous avons notre planète à part. Un mot à Grand Sarkozy à l'occasion du 23 ans de Quartier Latin ? Bonne fête au patron de la musique congolaise. Qu'il demeure toujours dynamique et puissant pour faire encor mieux. Que le peuple congolais soit fier et reconnaissant à la capacité de cette star de la musique du pays. Il faut bannir cette mauvaise culture d'attendre que quelqu'un meurt pour reconnaître ses qualités. Ou encore lui rendre des hommages. Non, il faut le manifester de son vivant.


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