Midi Madagasikara (Antananarivo)

Madagascar: Vision (28/11/09)

Le conseil des ministres extraordinaire de jeudi a montré au grand jour l'ampleur du flou et de l'ambiguïté de la situation dans laquelle se trouve l'Etat. Le président de la transition Andry Rajoelina a voulu montrer que si le gouvernement de consensus n'arrive pas à voir le jour, il dispose encore d'un atout entre les mains, le gouvernement HAT de l'ancien Premier ministre Monja Roindefo. Ce gouvernement n'a pas encore mis fin à ses fonctions et gère les affaires courantes jusqu'à l'avènement du gouvernement Mangalaza Eugène.

L'ordre du jour du conseil des ministres fait comprendre que le Président de la transition veut que ce gouvernement HAT poursuive son travail. Mais son idée d'associer à ce conseil des ministres les co-présidents et le Premier ministre de consensus de la transition pour valider les décisions du gouvernement HAT n'a pas marché. Seul le Co- président Emmanuel Rakotovahiny est venu au palais d' Iavoloha. Il le regrettera amèrement pourtant à cause du manque de considération qu'il a ressenti à son endroit. Le Co -président Fetison Rakoto Andrianirina et le Premier ministre Mangalaza Eugène ne sont pas venus pour la simple raison qu'ils ne tiennent pas à s'engager envers le gouvernement de la HAT qu'ils ne reconnaissent pas.

Il faut un miracle

Les relations politiques entre les mouvances sont en train de se détériorer à nouveau. Le grand sujet de discorde reste le partage des sièges dans le gouvernement de transition. Les ambitions des mouvances se chevauchent volontairement ou involontairement au point de diminuer les chances de naissance du gouvernement de transition que la population espère. Les médiateurs du mécanisme de suivi de l'Union Africaine qui sont dans nos murs depuis quelques jours essaient de trouver des solutions avec les chefs de mouvance pour que les divergences ne réduisent pas à néant les acquis antérieurs de Maputo et d'Addis- Abeba. Mais il faut un miracle pour que les mouvances convaincues d'avoir déjà trop cédé dans les négociations acceptent encore de faire des concessions.

La mouvance Andry Rajoelina est la plus réticente à en faire. Ce qui explique d'ailleurs son penchant pour le maintien du gouvernement de l'ancien Premier ministre Monja Roindefo. Beaucoup de ministres de ce gouvernement en arrivent à mobiliser une partie du personnel pour les soutenir à leur poste. La bataille de siège a toujours été une question très sensible à Madagascar à cause du pouvoir, des intérêts et des avantages qui y sont liés.

Et ce d'autant plus que dans cette transition ce sont en vérité les élections présidentielles et législatives qui sont dans le champ de mire de chaque mouvance. Mais ces élections pourront-elles se tenir l'année prochaine au rythme d'escargot où le pays résout ses problèmes ? La transition risque de s'éterniser. Des politiciens qui ont pris goût au pouvoir ne veulent-ils pas la pérenniser par tous les moyens, sans se soucier de la souffrance endurée par la population ?


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